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vendredi 04 avril

Un sou d’or de Charlemagne et une mappemonde du XVIIe siècle remis à la BnF par la douane

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photos Service de presse de la douane

Le 1er avril 2025, la Bibliothèque nationale de France (BnF) a officiellement reçu deux pièces historiques d’exception : un sou d’or de Charlemagne et une mappemonde murale du XVIIe siècle. Ces trésors, saisis par la Direction Nationale du Renseignement et des Enquêtes Douanières (DNRED), ont été remis à la BnF dans le cadre d’une cession amiable à titre gracieux, illustrant l’engagement des services douaniers dans la protection du patrimoine culturel.

Un trésor numismatique : le sou d’or de Charlemagne

Ce sou d’or, frappé sous le règne de Charlemagne entre 768 et 814 à Uzès, constitue une découverte rare dans le domaine de la numismatique française. Seulement quatre exemplaires de cette monnaie sont connus dans le monde, dont l’un déjà conservé par la BnF.

Saisi par la douane après avoir été identifié sur le marché de l’art en 2018, ce sou d’or avait probablement été découvert lors d’une fouille illicite non déclarée. Après une procédure judiciaire aboutissant à sa confiscation définitive en avril 2024, il rejoint désormais les collections prestigieuses de la BnF, enrichissant ainsi un fonds de référence sur la monnaie carolingienne.

Son état de conservation remarquable en fait un témoignage précieux de l’histoire monétaire sous l’empire de Charlemagne. Sur son avers, on distingue un monogramme carolin, tandis que son revers affiche le nom de l’atelier monétaire, « VCE-CIV », en deux lignes.

Une mappemonde unique du XVIIe siècle

Autre pièce maîtresse de cette restitution : une mappemonde murale imprimée à Paris vers 1660, saisie en 2007 après avoir été exportée illicitement d’une collection française vers l’Allemagne. Restaurée et désormais numérisée sur Gallica, cette carte est extrêmement rare : seuls quatre autres exemplaires sont répertoriés, dont trois à l’étranger.

Il s’agit de la deuxième carte murale du monde publiée en France, après celle de Guillaume Postel en 1581. Son auteur reste inconnu, mais elle a été éditée par le marchand d’estampes François Jollain et complétée d’une « Description géographique du globe terrestre » par le géographe du roi, Pierre Duval. Son retour en France permet ainsi de préserver une œuvre cartographique d’une valeur historique inestimable.

La douane, un acteur clé de la protection du patrimoine

Ces saisies sont le fruit des enquêtes approfondies menées par la DNRED, le service de renseignement de la douane, spécialisé dans la lutte contre le trafic de biens culturels. En 2024, la douane française a recensé 60 infractions liées à ce type de trafic, aboutissant à la saisie de 22 125 objets. Parmi eux, des pièces archéologiques antiques, des œuvres d’art et des documents historiques.

Cette remise officielle illustre l’efficacité de la coopération entre les services douaniers et les institutions culturelles, notamment la BnF, les musées nationaux et les services patrimoniaux de l’État. Elle souligne également l’importance de la vigilance face aux trafics illégaux, qui menacent la préservation du patrimoine mondial.

Grâce à cette collaboration, ces trésors nationaux retrouvent leur place légitime, accessibles aux chercheurs et au grand public, assurant ainsi leur transmission aux générations futures.

Bibliothèque nationale de France (BnF)

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