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lundi 16 février

CMPP d’Épinal et Neufchâteau en danger

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Au cœur des territoires ruraux du Grand Est, les Centres Médico-Psycho-Pédagogiques (CMPP) d’Épinal et de Neufchâteau traversent une zone de fortes turbulences. Leur gestionnaire, l’association PEP Lor’Est, a été placée en redressement judiciaire le 3 février 2026 par le tribunal judiciaire de Metz. Une décision lourde de conséquences pour les salariés comme pour les milliers de familles accompagnées.

Des équipes engagées au service des territoires ruraux

Dans les CMPP d’Épinal et de Neufchâteau, des équipes pluridisciplinaires – psychologues, orthophonistes, psychomotriciens, ergothérapeutes, enseignants spécialisés, pédopsychiatres – accompagnent quotidiennement des enfants et adolescents confrontés à des difficultés psychologiques, scolaires ou développementales.

Leur champ d’action dépasse largement les frontières des Vosges. Des familles venues de Haute-Saône, de Haute-Marne et de la Meuse font également appel à leurs services, dans des zones où l’offre de soins spécialisés demeure limitée.

Ces professionnels, reconnus pour leur expertise et leur ancrage local, jouent un rôle essentiel dans des territoires où accéder à un suivi médico-social relève souvent du parcours d’obstacles. Leur approche individualisée et leur travail en lien étroit avec les familles constituent un maillon indispensable du tissu sanitaire et social local.

Un choc brutal pour les salariés et les usagers

L’annonce du redressement judiciaire a provoqué une onde de choc parmi les 800 salariés de l’association. Informés par courriel dès janvier, ils ont découvert dans la foulée que la cessation de paiement remontait au 1er novembre 2025.

Les conséquences sont immédiates : salaires non versés ou partiellement payés, incertitudes sur la pérennité des postes, climat d’angoisse dans les équipes. Pour certains, le salaire de janvier n’a pas été réglé, tandis que celui de février n’a été versé qu’en partie.

Du côté des usagers, l’inquiétude est tout aussi palpable. À l’échelle de PEP Lor’Est, près de 40 000 personnes sont concernées. Dans des départements déjà fragilisés par la rareté des structures médico-sociales, la menace de fermetures ou de réductions d’activité fait craindre des ruptures de parcours pour des enfants souvent en situation de grande vulnérabilité.

Des signaux d’alerte restés sans réponse

La crise actuelle ne surgit pas sans préavis. Dès décembre 2024, des salariés avaient exprimé leurs craintes lors d’un mouvement de grève. Ils dénonçaient alors un manque de transparence financière et une gestion jugée opaque.

Aujourd’hui, la mobilisation reprend de plus belle. Une grève intersyndicale est annoncée devant l’Agence Régionale de Santé (ARS) à Metz, principal financeur public des établissements médico-sociaux. Les revendications sont claires : garantir le paiement des salaires, assurer la continuité des soins et obtenir une visibilité sur l’avenir des structures.

Un territoire déjà sous tension

La situation des CMPP intervient dans un contexte territorial délicat. Les Vosges, département peu dense et déjà confronté à la fermeture de plusieurs services en 2025 (micro-crèches, dispositifs de soutien à la parentalité), voient leur tissu associatif s’éroder.

Dans ces zones rurales, chaque structure compte. Les CMPP ne sont pas de simples établissements : ils représentent souvent la seule solution de proximité pour des familles qui ne peuvent se tourner vers les grandes agglomérations.

Quelle issue pour préserver le savoir-faire local ?

Au-delà des chiffres et des procédures judiciaires, c’est tout un savoir-faire qui se trouve aujourd’hui fragilisé. L’expertise des équipes, leur connaissance fine des réalités locales et leur engagement auprès des jeunes constituent un capital humain précieux.

L’enjeu est désormais double : trouver une solution financière et institutionnelle pour stabiliser la situation, tout en garantissant la continuité des accompagnements. Car les besoins, eux, ne disparaîtront pas avec la crise.

Dans les Vosges comme en Haute-Saône, en Haute-Marne et en Meuse, des centaines de familles attendent des réponses concrètes. L’avenir des CMPP d’Épinal et de Neufchâteau ne concerne pas seulement leurs salariés : il engage l’équilibre médico-social de tout un territoire.

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