Ce dimanche 29 mars 2026, Benoît Jourdain a officiellement accédé à la tête de la ville d’Épinal, à l’occasion de la séance d’installation du nouveau conseil municipal organisée à l’Espace Cours. Seul candidat en lice, il a recueilli 27 voix sur 38 suffrages exprimés, avec 10 bulletins blancs et un nul, succédant ainsi à Patrick Nardin, qu’il avait devancé lors du second tour des élections municipales.
La réunion, conduite par le doyen de l’assemblée, Philippe Admant, a marqué un moment fort de la vie locale. Devant les 39 élus et un public venu nombreux, le nouveau maire a livré une allocution mêlant souvenirs personnels et orientations politiques.
Élu municipal pour la première fois en 1985 sur une liste menée par Philippe Séguin, Benoît Jourdain a retracé un parcours de près de quarante ans au service de sa ville, évoquant avec émotion les étapes marquantes de son engagement. « Cette élection a une saveur singulière », a-t-il confié, soulignant un chemin « long, parfois exigeant », jalonné de convictions, mais aussi d’épreuves. « Les Spinaliens et les Spinaliennes m’ont accordé leur confiance, ce doit être l’occasion de tourner la page même si, au fond de moi, je n’oublierai jamais ce que j’ai pu subir ».
Dans un registre plus intime, il a rendu hommage à son père disparu, qui lui aurait transmis très tôt le goût de la vie publique, ainsi qu’à Philippe Séguin, figure dont il revendique toujours l’influence : « Je sais tout ce que je lui dois ».
Le discours a également pris une dimension plus politique lorsque le nouveau maire a évoqué la forte abstention enregistrée lors du scrutin. Avec un électeur sur deux absent des urnes aux deux tours, il a dénoncé une situation qu’il juge « inconcevable ». « Il est frustrant pour moi de constater que je serai un maire élu avec seulement 20 % du corps électoral », a-t-il déclaré, appelant à « retrouver le goût du dialogue, du respect et de l’écoute ».
Souhaitant tourner la page des tensions électorales, Benoît Jourdain a tendu la main à ses opposants, affirmant sa volonté de diriger le conseil municipal dans un esprit d’ouverture. « Dans une commune, il n’y a pas deux, trois ou quatre camps, il n’y a qu’une seule communauté, la nôtre », a-t-il insisté, promettant une gouvernance fondée sur « l’écoute et la bienveillance ».
Entouré de dix adjoints, il a également fixé plusieurs priorités pour le mandat à venir : garantir une présence de terrain en tant que « maire accessible », redonner toute leur place aux commissions municipales en les transformant en véritables lieux de réflexion, et associer davantage les groupes minoritaires aux décisions. « Ensemble, nous pouvons écrire une nouvelle page faite d’ambition, de solidarité et de confiance retrouvée », a-t-il conclu.
Cette première prise de parole donne le ton d’un mandat placé sous le signe du rassemblement et du dialogue, dans une ville appelée à retisser le lien entre élus et citoyens.
















































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