Pub
S'abonner à la newsletter
Pub

vendredi 11 septembre

Vosges : 1,5 million d’euros pour soutenir les exploitations agricoles fragilisées par la sécheresse

0 commentaire

0

Écouter cet article

Les exploitations agricoles vosgiennes durement affectées par les épisodes de chaleur et de sécheresse devraient bénéficier d’une enveloppe d’environ 1,5 million d’euros dans le cadre du nouveau plan CASI, pour « Climat, Adaptation, Sécheresse, Incendies ». L’objectif affiché par l’État est de permettre aux agriculteurs les plus en difficulté de retrouver rapidement des marges de manœuvre financières et de relancer leur activité.

Reste désormais à déterminer comment cette somme sera répartie entre les exploitations vosgiennes. Les modalités sont actuellement discutées avec les représentants du monde agricole. Un point suscite déjà des réserves : pour les organisations professionnelles, les montants annoncés restent insuffisants au regard de l’ampleur des dégâts constatés cette année.

Une année 2026 particulièrement éprouvante

Depuis le printemps, les agriculteurs doivent composer avec une succession d’épisodes météorologiques extrêmes. Plusieurs vagues de chaleur se sont enchaînées à une sécheresse durable, mettant à rude épreuve les cultures, les prairies mais aussi les élevages.

À l’échelle nationale, la situation est particulièrement préoccupante. Au 27 août, 101 départements étaient concernés par la sécheresse, dont 62 placés au niveau de crise. Les différents épisodes de canicule ont par ailleurs entraîné un écart moyen de 3,8 °C par rapport aux normales saisonnières.

Dans certaines régions, les pertes de rendement atteignent entre 50 et 80 %, avec des situations encore plus sévères localement. Une réalité qui touche des productions très différentes : céréales, maraîchage, élevage, viticulture ou encore prairies.

Face à cette situation, le gouvernement a annoncé début septembre le plan CASI, présenté comme une réponse exceptionnelle à une crise climatique dont les conséquences pèsent directement sur les revenus et la capacité de production des exploitations.

Des aides pour passer le cap et redémarrer

Le dispositif doit notamment permettre d’accélérer l’indemnisation des agriculteurs victimes des aléas climatiques. L’Indemnisation de solidarité nationale (ISN), qui concerne les exploitants assurés comme non assurés, doit ainsi être renforcée afin de tenir compte des pertes réellement constatées.

Les procédures doivent également être simplifiées pour permettre le versement d’avances plus rapidement. Pour les exploitants non assurés, des paiements partiels pourront notamment intervenir sans attendre la fin de l’instruction de l’ensemble du dossier.

Le plan prévoit également plusieurs mesures destinées à alléger les charges des exploitations, notamment par la prise en charge de cotisations sociales agricoles ou la possibilité de bénéficier d’un dégrèvement de taxe foncière sur les propriétés non bâties dans les situations les plus difficiles.

Au-delà de l’indemnisation des pertes, l’État veut surtout permettre aux exploitations de reprendre leur activité. Un fonds de « réarmement agricole » doit ainsi accompagner l’achat de fourrages, de semences, de plants ou encore d’aliments pour les animaux.

Qui bénéficiera des 1,5 million d’euros dans les Vosges ?

C’est désormais l’une des principales questions pour les agriculteurs vosgiens. L’enveloppe d’environ 1,5 million d’euros annoncée pour le département devra être ventilée selon des critères qui restent à préciser.

Les discussions se poursuivent entre les services de l’État et les représentants agricoles afin de définir les exploitations prioritaires et les modalités d’attribution. L’objectif est de cibler les structures ayant subi les conséquences les plus importantes de la sécheresse et des fortes chaleurs.

La question est particulièrement sensible dans les Vosges, où les conséquences de la sécheresse se font notamment sentir sur les prairies et l’alimentation des troupeaux. Pour les professionnels, le soutien devra donc être suffisamment ciblé pour répondre aux réalités très différentes rencontrées d’une exploitation à l’autre.

Le monde agricole juge l’enveloppe trop limitée

Si le principe d’un accompagnement exceptionnel est accueilli favorablement, les représentants du monde agricole estiment d’ores et déjà que le compte n’y est pas.

L’enjeu dépasse en effet la seule compensation des pertes enregistrées cet été. Après plusieurs mois difficiles, les exploitations doivent également financer la prochaine campagne, reconstituer leurs stocks et assurer l’alimentation des animaux.

Le plan CASI entend justement agir sur ces deux fronts : soutenir les trésoreries à court terme tout en permettant de préparer la reprise de la production. Plusieurs dispositifs doivent ainsi faciliter l’achat d’engrais, de carburant agricole ou encore l’étalement des cotisations sociales.

Dans les Vosges, les prochaines semaines permettront donc de connaître plus précisément les critères retenus pour distribuer les quelque 1,5 million d’euros annoncés. Une enveloppe qui sera particulièrement scrutée par les exploitants alors que la crise climatique a fragilisé leurs récoltes, leurs fourrages et, plus largement, leurs trésoreries.

0 commentaire

Laisser un commentaire