Face aux conséquences du changement climatique sur les ressources en eau, la Communauté d’agglomération d’Épinal prépare une nouvelle organisation de l’approvisionnement en eau potable. Une étude stratégique présentée le mercredi 14 octobre identifie 32 opérations pour renforcer la sécurité de l’alimentation des communes dans les prochaines décennies.
Comment garantir un accès à l’eau potable à tous les habitants à l’horizon 2050 ? C’est la question à laquelle la Communauté d’agglomération d’Épinal entend répondre en anticipant les effets du changement climatique. Mercredi 14 octobre, les élus locaux, les parlementaires, les syndicats des eaux, les services de l’État et les différents partenaires concernés ont découvert les conclusions d’une étude consacrée à la sécurisation de la production et de la distribution d’eau potable.
Réalisé avec l’appui du bureau d’études SAFEGE (SUEZ), ce travail doit servir de référence pour organiser les investissements à venir. Son financement est assuré à 70 % par les Agences de l’eau.
Des ressources fragilisées par le changement climatique
L’été 2026 a rappelé la vulnérabilité de certaines ressources en eau. Dans les secteurs les plus sensibles, leur disponibilité a diminué jusqu’à 30 %. Malgré ces tensions, l’approvisionnement a pu être maintenu grâce aux investissements engagés depuis 2020, à la structuration du service et aux dispositifs de secours existants.
Les perspectives à long terme incitent toutefois à poursuivre les efforts. D’ici 2050, les projections climatiques prévoient une baisse de la disponibilité de la ressource, des débits plus faibles en période d’étiage et des épisodes de sécheresse plus longs.
Si les volumes disponibles devraient rester globalement suffisants à l’échelle de l’agglomération, certaines communes pourraient rencontrer des difficultés ponctuelles. L’enjeu consiste donc notamment à mieux répartir l’eau entre les secteurs, en fonction des besoins et des ressources disponibles.
Mieux relier les réseaux pour partager les ressources
Jusqu’à présent, l’approvisionnement repose en partie sur des systèmes communaux relativement indépendants les uns des autres. L’étude préconise de faire évoluer cette organisation vers un réseau davantage interconnecté, capable de compenser les difficultés rencontrées localement.
Depuis qu’elle a repris la compétence de l’eau potable en 2020, la Communauté d’agglomération d’Épinal a investi plus de 10 millions d’euros dans la modernisation des réseaux les plus fragiles. Ces travaux ont permis de réduire les pertes d’eau de 365 000 m³ par an et d’améliorer les rendements des installations.
La collectivité entend poursuivre cette politique, avec un objectif de rendement moyen des réseaux fixé à 85 %. La protection durable des ressources et le développement des interconnexions constituent les deux autres priorités de la stratégie présentée.
Une « dorsale de l’eau » entre Épinal et Charmes
Parmi les projets envisagés figure la création d’une « dorsale de l’eau » reliant Épinal à Charmes. Cette infrastructure doit permettre de transférer l’eau entre différents secteurs et de mobiliser les ressources disponibles dans le pôle Épinal-Golbey pour alimenter des communes plus vulnérables.
Au total, 32 opérations de sécurisation ont été recensées et classées par ordre de priorité. Elles doivent contribuer à construire progressivement un service de l’eau potable à l’échelle de l’agglomération, en dépassant les limites des organisations communales actuelles.
Pour Cédric Haxaire, président de la Communauté d’agglomération d’Épinal, cette anticipation est indispensable face aux évolutions climatiques. Il souligne la nécessité de garantir à chaque habitant un accès durable à une eau de qualité, tout en développant une solidarité entre les communes.
Au-delà des travaux sur les réseaux, la collectivité entend ainsi organiser un partage plus équilibré de la ressource. Un enjeu qui, selon son président, engage à moyen terme la capacité du territoire à rester habitable face aux tensions croissantes sur l’eau.


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