Le fioul continue d’occuper une place importante dans les modes de chauffage en Lorraine, davantage que dans la plupart des autres régions françaises. C’est ce que révèle une étude récente de l’Insee publiée le 13 janvier, qui met en lumière les disparités territoriales persistantes en matière d’énergie domestique. Le département des Vosges fait partie des zones où l’on compte le plus de foyers chauffés au fioul en Lorraine.
Dans le Grand Est, 12 % des résidences principales sont encore chauffées au fioul, contre 9 % en moyenne en France métropolitaine. La région se classe ainsi au deuxième rang national, juste derrière la Bourgogne–Franche-Comté. À l’échelle lorraine, les écarts sont marqués : la Meuse se distingue particulièrement, avec près d’un ménage sur cinq utilisant le fioul comme mode de chauffage principal. À l’inverse, ce taux tombe à 7 % en Meurthe-et-Moselle. La Moselle et les Vosges affichent également des niveaux supérieurs à la moyenne nationale.
Cette forte présence s’explique en partie par des facteurs sociaux et géographiques. Le fioul reste plus fréquent dans les zones rurales, au sein de logements anciens et chez des ménages plus âgés. Néanmoins, la tendance est clairement à la baisse. Depuis le milieu des années 2000, le recours au fioul a été divisé par deux en Lorraine, comme ailleurs en France, au profit notamment de l’électricité et d’autres solutions énergétiques.
Malgré ce recul, le chauffage au fioul demeure étroitement lié aux difficultés sociales. Selon l’Insee, près de 45 % des ménages qui y ont encore recours sont en situation de précarité énergétique. Depuis juillet 2022, l’installation de nouvelles chaudières au fioul est interdite, et l’État propose des aides financières conséquentes pour encourager leur remplacement. Toutefois, ces dispositifs bénéficient surtout aux foyers capables d’avancer les coûts, laissant les ménages les plus modestes dépendants d’un mode de chauffage de plus en plus contraint.



0 commentaire