La tension monte dans la filière laitière vosgienne. Face aux signaux envoyés par plusieurs industriels du secteur, la FDSEA des Vosges et les Jeunes Agriculteurs des Vosges annoncent une journée de mobilisation pour dénoncer une évolution du prix du lait jugée préoccupante pour les producteurs.
Dans un communiqué commun, les deux organisations syndicales alertent sur les conséquences d’une éventuelle baisse du prix payé aux éleveurs, estimant qu’elle pourrait fragiliser durablement les exploitations du département et compromettre l’avenir de la production laitière locale.
Des rassemblements prévus devant plusieurs sites industriels
La mobilisation est programmée le jeudi 5 février 2026, entre 10 heures et 16 heures, devant plusieurs laiteries implantées dans les Vosges : Triballat, Savencia et Lactalis. Les syndicats entendent ainsi interpeller directement les industriels après des annonces récentes qu’ils considèrent comme alarmantes pour l’équilibre économique de la filière.
Selon eux, les orientations communiquées depuis le début de l’année laissent présager une diminution du prix annuel du lait, susceptible de le faire passer en dessous des coûts de production.
Un risque économique jugé inacceptable pour les exploitations
FDSEA et Jeunes Agriculteurs estiment qu’un tel scénario mettrait en danger la viabilité de nombreuses fermes laitières vosgiennes. Ils rappellent que, conformément à l’esprit de la loi Egalim, les indicateurs de coûts de production doivent constituer la base de fixation du prix du lait.
S’appuyant sur les positions de la FNPL, les syndicats soulignent également que le marché mondial ne peut servir d’unique justification aux décisions prises en France. La filière nationale repose en grande partie sur des produits transformés à forte valeur ajoutée, qui doivent permettre une rémunération décente des producteurs. Faire peser l’ajustement économique uniquement sur les éleveurs serait, selon eux, « intenable, tant sur le plan économique qu’humain ».
Des pratiques dénoncées tout au long de la chaîne de valeur
Au-delà de la question du prix, le communiqué pointe plusieurs dysfonctionnements dans les relations entre producteurs, industriels et distributeurs. Les syndicats dénoncent notamment un manque de transparence sur la part réelle de la matière première agricole intégrée dans les négociations commerciales avec la grande distribution.
Ils évoquent également des discussions peu lisibles sur les gammes de produits valorisées, des retraits de références laitières françaises dans certaines enseignes, ainsi qu’un recours accru à des approvisionnements étrangers, en particulier dans la restauration hors domicile, malgré une production nationale suffisante.
Un enjeu crucial pour l’avenir de la filière et des jeunes agriculteurs
Pour la FDSEA 88 et les JA 88, l’enjeu dépasse la seule campagne laitière en cours. « Les décisions prises aujourd’hui conditionnent la survie de nombreuses exploitations », insistent-ils, appelant à un partage plus équitable de la valeur et à des règles claires et respectées.
Dans un contexte de renouvellement des générations agricoles, les syndicats estiment indispensable d’offrir des perspectives économiques solides aux jeunes qui souhaitent s’installer. Sans garanties sur la rémunération du lait, c’est toute la dynamique de la filière laitière vosgienne qui pourrait être remise en cause.




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