La cour d’assises des Vosges ouvre, ce lundi à Épinal, un procès particulièrement lourd. Sept hommes, originaires de la Moselle et des Vosges, comparaissent pour des faits d’enlèvement, de séquestration et d’actes de torture d’une extrême violence commis à l’encontre d’un jeune Spinalien âgé de 19 ans. Les faits remontent à l’automne 2022 et s’inscrivent, selon l’enquête, dans un contexte de règlements de comptes liés au trafic de stupéfiants.
Le 28 octobre 2022, en début d’après-midi, la victime se trouve avec des amis dans un quartier d’Épinal lorsqu’un véhicule s’arrête brusquement à leur hauteur. Quatre hommes en descendent et contraignent le jeune homme à monter à bord. Rapidement, il est violemment frappé avant d’être neutralisé, entravé et bâillonné. Les ravisseurs le dissimulent ensuite dans le coffre de la voiture.
Le groupe se rend d’abord à Golbey, où le calvaire se poursuit. Le visage masqué, les poignets attachés à l’aide de colliers de serrage, la victime est maintenue enfermée avant d’être déplacée à nouveau. En début de soirée, elle est conduite dans un appartement où l’attendent plusieurs individus. Parmi eux, un homme cagoulé, présenté comme le possible instigateur des violences, et un autre en contact téléphonique constant.
C’est là que les sévices atteignent un degré de brutalité extrême. Le jeune Vosgien est roué de coups, brûlé à l’aide de cigarettes et d’une lame de couteau portée à haute température. Il subit également des décharges électriques au niveau du ventre et des jambes. Les agresseurs le menacent avec plusieurs armes, dont une arme de poing, un fusil et même une tronçonneuse. Le canon d’un fusil est introduit de force dans sa bouche, provoquant des vomissements.
Durant ces heures de supplice, les ravisseurs cherchent à obtenir des informations sur de supposés liens entre la victime, son entourage et des réseaux de trafic de drogue basés notamment à Toul, en Meurthe-et-Moselle. Dans la nuit du 29 octobre, aux alentours de 1h30, le jeune homme est finalement abandonné dans un bois. Avant de le laisser partir, ses bourreaux lui lancent qu’il doit servir « d’exemple » et de message à son quartier.
Affaibli mais libre, il marche pendant près d’une heure avant de rejoindre une gare, d’où il prend un train vers Nancy puis Épinal.
L’enquête est confiée au Service régional de police judiciaire de Nancy. Après plusieurs mois d’investigations, les enquêteurs parviennent à identifier puis interpeller les suspects présumés.
Pendant une dizaine de jours, les jurés devront désormais démêler les responsabilités de chacun et établir la vérité judiciaire sur cette affaire marquée par une violence rare.



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