Le collectif Hautes Vosges 2050 regroupe plusieurs représentants d’associations et des citoyens, tous intéressés par l’idée d’agir ensemble pour « concilier montagne à vivre et montagne sauvage », et préserver :
– nos biens communs ou écosystèmes que sont l’eau, les sols, la forêt et les prairies (qui constituent presque 90 % de notre territoire et sont notre richesse), les autres milieux naturels comme les lacs, les tourbières et les étangs, etc., et toute la biodiversité qui les compose.
– la santé des humains avec une alimentation saine, mais aussi avec du lien social pour dépasser nos différences, réunir le meilleur de chacun, travailler ensemble pour protéger ce que nous aimons et ce qui est vital, et nous rapprocher pour être plus forts face à un avenir complexe et angoissant si on le regarde en face, sans y travailler ensemble. Échanger et agir est vital aussi.
Plusieurs actions de sensibilisation ont été menées ces 6 derniers mois (dont les ateliers « 2030 glorieuses », les conférences de Fiona Mille, présidente de MW France, et de Jean-Pierre Piela, maire d’une commune en transition écologique depuis plus de 30 ans, qui est prêt à rencontrer à nouveau le collectif et les futurs élus).
Dans le cadre de ces actions, le collectif a envoyé une lettre adressée à tous les candidats aux élections municipales de la communauté de communes de Gérardmer.
Cette lettre les invitait tous à inscrire dans leur programme ces engagements reconnus essentiels aujourd’hui (au regard des objectifs de HV2050 cités ci-dessus).
Le collectif est conscient des difficultés et sincère dans son envie d’essayer de comprendre les problèmes de budget ou autres problématiques d’une commune, mais souhaite que les élus s’appuient, entre autres, pour mener leur programme, sur l’expertise d’associations déjà impliquées de longue date sur ces problématiques comme Mountain Wilderness pour la transition des stations de montagne, comme Oiseaux Nature pour la biodiversité, comme le GAB 88 (Groupement des agriculteurs bio) pour aller vers une alimentation saine et locale, comme les Shifters pour la décarbonation.
Toutes les alternatives existent déjà, il suffit d’une volonté politique clairvoyante et engagée pour lancer cette dynamique.
Les associations locales ont une réelle expertise et connaissance du territoire, elles peuvent apporter un vrai support aux élus, et pourraient éviter de relancer des études couteuses de cabinet d’études (comme certaines qui n’ont pas forcément donné suite).
Dans cette lettre, le collectif a sollicité des candidats pour une rencontre afin qu’ils expriment ce qu’ils avaient retenu de ces propositions. Nous n’avons pas pu rencontrer le maire sortant au vu de sa déclaration tardive d’être candidat.
Trois rencontres ont eu lieu : avec M. Gion, avec M. Defranould, et avec M. Descoups (maire de Liezey).
Rencontres toutes enrichissantes pour le collectif, qui a pu ainsi découvrir 3 candidats prêts à travailler avec des associations partenaires de protection de l’environnement. Voici un aperçu de ces échanges :
1) M. Gion a confirmé qu’il adhère à l’esprit et aux propositions de la lettre en insistant sur le fait qu’il est à l’écoute des citoyens. Ses priorités sont l’eau, la santé, l’éducation et gérer le déficit budgétaire. Pour chacun des points suivants de la lettre, il donne des exemples de ses projets :
– Mobilités : optimiser le parking de la Rayée à l’usage des touristes, en mettant en place des navettes pour désengorger la ville. Instaurer un réseau de solidarité pour que des bénévoles puissent utiliser les voitures de la ville pour conduire des personnes âgées isolées. Développer un réseau de transport en commun avec de plus petits bus innovants qui aient un confort identique à celui des TGV pour permettre notamment le télétravail. Organiser les réseaux de covoiturage, par exemple pour les randonneurs, comme cela se fait déjà pour les parapentes sur d’autres massifs. Étudier l’aménagement pour les transports avec et pour les établissements scolaires : pédibus, vélobus, etc.
– Agriculture et alimentation : transformer les serres municipales en maraîchage ; développer les circuits courts ; faire un état des lieux des terres agricoles sur la commune pour envisager l’installation de maraîchers, paysans ; revoir le système d’entretien de la station et revoir le fauchage pour le remplacer par des animaux (yacks, lamas…).
– Transition énergétique : faire de Gérardmer une commune exemplaire en termes de transition écologique et de sobriété. Un exemple simple qui serait rapidement mis en place, par exemple avec des vélos cargos pour récupérer les déchets alimentaires des restaurants pour le compost municipal.
Il imagine un appel à projets par quartier pour soutenir des initiatives collectives d’intérêt général, afin que les habitants puissent s’impliquer davantage dans la vie collective.
– Lien social et démocratie : ce sera un principe transversal du programme pour impliquer les citoyens dans un projet durable et déterminer le cap de l’équipe municipale.
Il confirme ainsi son désir de concrétiser que… « Gérardmer, c’est vous ! »
2) M. Defranould souhaite « s’attaquer aux nombreux gaspillages d’argent public ».
Entre autres exemples : 1,4 million d’euros a été dépensé pour la réintroduction du grand tétras et c’est un échec (dénoncé par de nombreuses associations environnementalistes).
Eric Defranould a insisté sur l’importance de travailler avec les habitants et les associations à propos de l’utilisation de l’argent public : en particulier afin de réaliser des projets visant à anticiper les problèmes liés au réchauffement climatique, à la santé et au cadre de vie :
mise en place de la loi Lemeur,
végétalisation des écoles, des rues, sécurisation d’itinéraires vélos et piétons, en particulier vers les écoles afin de favoriser les déplacements à vélo pour lutter contre la sédentarité et l’obésité, problèmes de santé publique aujourd’hui.
Pour lui aussi, eau, agriculture et alimentation sont des points fondamentaux. Il travaillerait avec les associations GAB 88 et l’association (à la fois aussi foncière et fondation), « Terre de liens », pour l’installation d’agriculteurs ou éleveurs bio, rejoignant ainsi les impératifs du plan alimentaire territorial (PAT).
Réhabiliter les serres municipales pour fournir des cantines en légumes bio est aussi une idée qu’il développe depuis longtemps.
Reprenant les réussites de la commune de Breitenbach, Gérardmer Nature Solidarités proposerait des projets et des fonds participatifs avec également des appels à subventions (le Commissariat au massif veut soutenir les Ecoterritoires), projets nous réunissant par des échanges et un travail constructifs pour notre communauté de communes.
Des exemples : la transformation de la ferme de Grouvelin en une ferme pédagogique, des chantiers de réhabilitation de milieux naturels, etc.
Les mots « nature » et « solidarités » ont donc toute leur place dans les propositions de la liste « Gérardmer Nature Solidarités ».
– M. Descoups. Président de la commission eau à la communauté de communes, passionné par cette problématique vitale de l’eau, et déjà bien engagé, sur sa commune, dans des projets écologiques et en lien avec des associations, nous a assuré d’une prochaine rencontre pour une action en rapport avec l’eau (conférence, travail éventuel avec le collectif Pfasvosges).
La transformation d’une ancienne ferme de Liezey en un habitat réhabilité écologiquement et offrant 4 appartements pour des résidences principales est une très belle et inspirante réalisation !
Qu’un beau prochain mandat pour cette liste unique vive sur Liezey !
Le collectif remercie les 3 candidats pour le temps que chacun lui a consacré et pour la qualité de ces échanges très sympathiques.
Puissent-ils aussi travailler ensemble pour réaliser les meilleurs de tous ces projets, réunir toutes leurs compétences au service du bien public, et nous montrer l’exemple de la démocratie participative…
Pour le rejoindre et créer une dynamique de démocratie participative avec nos élus sur les Hautes-Vosges, le collectif HV2050 peut être contacté à l’adresse suivante : contact.hv50@gmail.com.




