L’affaire avait profondément choqué les habitants de Méménil. Alors qu’un exploitant agricole du village devait comparaître ce jeudi 11 juin devant le tribunal judiciaire d’Épinal pour répondre de faits de maltraitance animale, l’audience a finalement été renvoyée. Une nouvelle fois. Après un premier report, les parties civiles ont appris que le dossier ne serait désormais examiné qu’en février 2027, provoquant incompréhension et indignation.
L’éleveur est poursuivi dans le cadre de deux procédures distinctes, toutes deux liées à des conditions de détention jugées particulièrement préoccupantes. Depuis l’automne 2024, les services de l’État et la justice sont intervenus à plusieurs reprises au sein de son exploitation.
Tout débute le 14 octobre 2024. Alertés par plusieurs riverains, des gendarmes accompagnés d’inspecteurs de la Direction départementale de l’emploi, du travail, des solidarités et de la protection des populations (DDETSPP) des Vosges se rendent sur place pour effectuer un contrôle. Les constatations réalisées sont accablantes : des carcasses d’animaux en état de décomposition sont découvertes aussi bien dans les bâtiments agricoles que sur les parcelles de l’exploitation. Les agents relèvent également la présence d’animaux extrêmement amaigris, privés d’eau, de nourriture et de soins.
À la suite de ces découvertes, le parquet d’Épinal ouvre une enquête. Le cheptel est alors retiré à l’exploitant. Les investigations mettent en évidence de multiples manquements à la réglementation relative au bien-être animal, notamment l’absence d’alimentation suffisante et de suivi sanitaire adapté. L’agriculteur est convoqué devant le tribunal correctionnel pour répondre, entre autres, d’abandon volontaire d’animaux domestiques.
Mais l’affaire ne s’arrête pas là. Au début de l’année, les autorités sont informées que l’intéressé détient à nouveau des animaux, notamment des moutons et des équidés. Des signalements évoquent également des odeurs pestilentielles aux abords de l’exploitation. Un nouveau contrôle est organisé le 13 mars dernier.
Sur place, les enquêteurs découvrent une situation qui suscite une nouvelle fois la stupeur. Plusieurs cadavres d’ovins sont retrouvés et les conditions de détention apparaissent toujours inadaptées. Certains moutons sont coincés dans des trous, tandis que les inspecteurs constatent une absence d’accès à l’eau pour plusieurs animaux.
Les bêtes encore présentes sont une seconde fois retirées. Placé en garde à vue le 6 mai, l’exploitant est ensuite présenté au procureur de la République avant d’être placé sous contrôle judiciaire par le juge des libertés et de la détention. Cette mesure lui interdit désormais d’exercer toute activité d’élevage dans l’attente de son procès.
Le nouveau report de l’audience jusqu’en février 2027 est difficilement accepté à Méménil. Habitants et associations constituées parties civiles dénoncent des délais qu’ils jugent excessifs au regard de la gravité des faits reprochés et espèrent désormais que la justice pourra se prononcer définitivement lors de cette prochaine échéance.





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