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jeudi 03 septembre

Benoît Jourdain – « Mon collège au naturel »

Interview du conseiller départemental

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« La biodiversité se joue aussi dans la cour d’un collège »

Avec le dispositif « Mon collège au naturel », le Conseil départemental des Vosges veut faire entrer davantage de nature dans les établissements scolaires. Pour Benoît Jourdain, vice-président en charge de la Transition écologique, l’enjeu va bien au-delà de quelques plantations : il s’agit de sensibiliser les jeunes à la biodiversité ordinaire et de faire évoluer les regards sur le vivant.

Pourquoi le Département a-t-il lancé l’opération « Mon collège au naturel » ?

La réflexion est née d’un constat assez simple : le Département gère de nombreux espaces publics, notamment les collèges, et doit donc prendre sa part dans la préservation de la biodiversité. La biodiversité, c’est aussi ce qu’on appelle la biodiversité ordinaire, souligne Benoît Jourdain. Il est légitime, quand on est gestionnaire d’espaces publics, d’être attentif à cette question. Or, beaucoup de collèges ont été conçus à une époque où les préoccupations liées à la biodiversité, à la renaturation ou à la désimperméabilisation des sols étaient moins présentes. Résultat : ces espaces ne sont pas toujours favorables à l’expression du vivant.

Concrètement, que change ce programme dans les collèges ?

L’opération repose d’abord sur un audit des établissements, puis sur des aménagements destinés à réintroduire la nature dans les cours et les espaces extérieurs. L’objectif est de permettre à la biodiversité de s’épanouir à nouveau dans ces lieux. Cela passe notamment par la plantation de végétaux, la création d’espaces favorables aux insectes pollinisateurs ou encore l’accueil d’espèces présentes naturellement sur le territoire.

Que ce soit la faune ou la flore, tout ce qui permet aujourd’hui à la biodiversité de s’épanouir a vocation à être encouragé : les insectes pollinisateurs, les oiseaux, les lézards… tout ce qui fait la biodiversité de nos territoires.

Pourquoi associer les élèves à la démarche ?

La dimension pédagogique est indissociable du projet. Tout ce qui permet aux élèves de participer, de construire, de co-construire est éminemment pédagogique. L’implication des collégiens va bien au-delà de leur présence sur les chantiers ou dans les ateliers. L’enjeu est aussi de faire naître une prise de conscience durable. On espère que cela laissera des traces et que cela leur permettra de mieux comprendre certains enjeux. Les élèves peuvent devenir des relais auprès de leur entourage. L’idée est qu’ils puissent aussi diffuser ces réflexes de protection et de développement de la biodiversité auprès de leurs parents, de leurs camarades ou dans leur famille.

Quels sont les premiers résultats ?

Lancée en 2024, l’opération a déjà permis d’engager six collèges. Le programme a concerné 160 élèves, avec la plantation de 50 arbustes, de 175 vivaces et la création d’environ 100 m² de prairies mellifères destinées à accueillir les insectes pollinisateurs.

Cette action s’inscrit-elle dans une stratégie plus globale ?

« Mon collège au naturel » n’est qu’un volet d’une politique plus large menée par le Département. Nous avons développé et fait voter une stratégie globale sur la biodiversité. Cette stratégie associe plusieurs dimensions : l’éducation au développement durable, mais aussi la reconquête de la biodiversité dans l’ensemble des espaces dont la collectivité a la responsabilité.

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