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vendredi 04 avril

« Mexico 86 » – coup de projecteur sur une des révolutions les moins médiatisées de l’histoire

Une analyse sociétale avec comme dadre le Guatémala

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Ce mercredi, le public des Rencontres du Cinéma était invité à découvrir un film, mais aussi et surtout un conflit : la révolution guatémaltèque, sans doute la plus mal connue et les moins médiatisées de notre côté de l’Atlantique. C’est en partie pour cela que le réalisateur César Diaz a choisi ce titre de « Mexico 86 » : à cette époque, le monde n’avait d’yeux que pour la Coupe du monde de football au Mexique, pour la finale Argentine – Allemagne de l’Ouest…

Et pourtant, des révolutionnaires donnent leur vie au Guatemala, et c’est à travers le prisme de l’histoire d’une femme que César Diaz a souhaité réaliser son film en s’inspirant de son histoire familiale. Un film qui montre la souffrance militante d’une génération murée dans le silence, celle de ses parents et grands-parents : « S’ils parlent, tout s’écroule, car il y a des failles dans ce mur : de leur silence dépend la vie des autres. Ce sont des gens qui se sont préparés à subir la torture, à pouvoir se défaire d’un enfant du jour au lendemain. Ça laisse des blessures, il est difficile de savoir ce que ça ferait d’en parler, c’est un risque qu’ils ne prennent pas. Nous, notre génération, c’est un peu l’inverse, on a besoin de savoir, on veut en parler, car c’est une des guerres qui a été les moins filmées, on n’a quasiment pas d’archives de ce conflit » explique le réalisateur.

Côté casting, Carlos Diaz a fait le choix surprenant de Bérénice Bejo, actrice quasiment inconnue en Amérique du Sud, mais avec laquelle il avait une sorte de vécu commun, elle qui vient d’Argentine et a grandi en France. « Le fait que le film mette en avant une héroïne est important, le fait que ce soit une femme est essentiel : globalement, aux yeux de beaucoup de gens, un homme qui part faire la révolution est un héros, une femme qui part faire la révolution abandonne sa famille » précise César Diaz. C’est aussi ce regard qui est central dans ce film, qui aurait sans doute mérité de donner au spectateur un peu plus de clés de compréhension du conflit pour être plus accessible. C’est en tout cas ce qu’ont regretté certains spectateurs ce mercredi à Gérardmer. Sortie prévue le 23 avril pour vous faire votre avis !

 

Cesar Diaz

Mexico 86

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