La région Grand Est censure le festival Jardin du Michel !!
Une fois n’est pas coutume, pour se faire entendre c’est
en vers
Et contre tous, que la CGT a décidé de ne pas se taire.
En vers libres, cela va bien sûr de soi, tant qu’à faire,
En effet quand les politiques réinventent les lettres qui
privent les artistes de cachets,
Il est normal que la CGT renoue avec l’art subtil du
pamphlet.
Car nous nous étions, en prose, déjà alarmés de l’affaire
de la HEAR,
Où la semaine dernière, une pinata avait mis tout le
monde sur le pied de guerre.
Du préfet à la maire, tout le monde communique à tout
va et galère
Pour expliquer, in fine, que la Police est une vache
sacrée dont on est fier,
Que toute critique ou violence symbolique ne peut pas,
chez nous, se faire.
Il semblait qu’en France, la culture, la littérature, l’art
nous étaient chers.
Mais tout cela c’était avant, c’était un autre temps, c’était
hier.
Aujourd’hui au festival le Jardin du Michel c’est le
groupe de rap Sniper,
Qu’on veut contraindre les organisateurs à
déprogrammer au pays de Voltaire.
Par la mise à l’index des subventions de la région par le
RN et LR
Nos beaux censeurs de la Région Grand Est sont fiers
De dégainer l’arme des subventions comme un revolver.
C’est sûr qu’ils préfèreraient les lacs du Connemara ou
la Jument de Michao
Aux plus tendancieux, Hexagone de Renaud ou
Clandestino de Manu Chao.
Ils oublient un peu vite leurs prédécesseurs qui
chantaient Maréchal nous voilà
Quand nous entonnions le chant des partisans, interdit,
de celui qui se bat.
Ils oublient un peu vite qu’ici comme aux États-Unis
c’est la Liberté de Delacroix
Qui guide le peuple de son flambeau et du drapeau dans
son bras.
Ils oublient les JO de 2024 où la culture et son
impertinence avaient mis le monde en émoi,
Ils oublient que c’est DJAJA que la garde Républicaine
jouait avec Aya Nakamura
Maintenant subrepticement tout cela, déjà, s’en va.
Les censeurs sont de retour, ils avancent de manière
déterminée et pas à pas,
Coupant les subventions, les aides et judiciarisant à tour
de bras.
Posons-nous les bonnes questions, comment en sommes-
nous arrivés là !
Citoyens, camarades, jusqu’où les laisserons-nous faire
comme ça ?
Ceux qui n’ont que la France à la bouche, œuvrent avec
rancœur
Contre l’art et la culture qui donnent encore à la France
toute sa grandeur.
Ne laissons pas faire, ne laissons pas tranquillement
s’installer les censeurs.
Les mots, les images, la musique sont et resteront plus
forts que la peur.
C’est un marqueur de LR et de RN d’être forts avec les
faibles et faibles avec les forts.
S’en prendre à un festival alors qu’à quelques
encablures, en Meuse, il y a la taverne de Thor,
Élevage en batterie de nazillons qui pratiquent le MMA
mais là il est vrai c’est du sport,
C’est sans doute pour cela que cela dérange moins le RN
régional et consorts.
Aujourd’hui c’est la liberté artistique qui est dans leur
viseur
Demain c’est la liberté tout court que détruiront ces
tristes sieurs
S’en prendre à des textes de chansons, vieilles déjà de
plus de vingt ans,
Qui malgré les efforts de Sarkozy, n’ont jamais donné
lieu à condamnation
Montre simplement que si c’est à l’artiste et son texte
que l’on s’en prend
C’est pour ne pas regarder le miroir, qu’à notre triste
société, il tend.
UD CGT 67 et Comité Régional CGT Grand-Est
Laurent FEISTHAUER

