Respirer en forêt fait-il réellement du bien à la santé ? Derrière cette intuition largement partagée, une jeune ingénieure souhaite désormais apporter des réponses scientifiques. Présenté au campus bois d’Épinal, le projet de thèse « Forêt & Santé » ambitionne d’explorer les effets mesurables des écosystèmes forestiers sur le bien-être humain.
À l’origine de cette démarche : Aurélie Gouneaud, récemment diplômée de l’École Nationale Supérieure des Technologies et Industries du Bois (ENSTIB). Son travail doctoral, dont le lancement est prévu en 2026, portera sur l’influence des composés organiques volatils (COV) émis par les essences forestières, et leur impact potentiel sur la qualité de l’air, la santé et le bien-être.
Une recherche à la croisée de la forêt et de la médecine
Le programme associe plusieurs partenaires académiques et institutionnels : la Faculté de Médecine de Nancy, le Laboratoire d’Études et de Recherche sur le Matériau Bois (LERMAB), l’Office National des Forêts (ONF) ainsi que des acteurs territoriaux. L’ensemble est coordonné sous l’égide de la Fondation ID+ Lorraine.
L’objectif est clair : mesurer scientifiquement ce que l’on appelle parfois, de manière intuitive, les « bains de forêt ». Les travaux s’appuieront notamment sur le territoire de la Forêt d’Exception de Darney–La Vôge, véritable terrain d’étude à ciel ouvert, reconnu pour la richesse de ses peuplements forestiers.
Michel Munier, parrain d’un projet enraciné dans le territoire
Pour accompagner cette démarche, la thèse bénéficie du parrainage du naturaliste Michel Munier. Figure engagée de la connaissance forestière vosgienne, il est également au cœur du documentaire Le Chant des forêts, réalisé par son fils Vincent Munier, qui a rencontré un large succès en salles.
Son implication confère au projet une dimension symbolique forte. Observateur attentif du grand tétras et défenseur des milieux forestiers, Michel Munier incarne ce lien intime entre l’homme et la forêt que la thèse entend explorer sous un angle scientifique.
Un appel à mobilisation
Le budget global du projet est estimé à 165 000 euros sur trois ans. Une campagne de recherche de financements est lancée auprès des entreprises, des collectivités, des institutions et du grand public.
Au-delà de la recherche académique, « Forêt & Santé » porte une ambition plus large : renforcer le dialogue entre sciences du bois, santé environnementale et développement territorial. Dans un contexte où les enjeux climatiques et sanitaires se rejoignent, cette thèse pourrait contribuer à repositionner la forêt vosgienne comme un acteur clé du bien-être et de l’innovation scientifique.
La question reste ouverte : la forêt peut-elle soigner ? À partir de 2026, la science tentera d’y répondre.
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