Depuis plusieurs mois, les habitants de La Bresse et des rives de la Moselotte signalent des épisodes d’odeurs anormales, parfois intenses, qui altèrent le cadre de vie et appellent légitimement des réponses claires. La commune de La Bresse et ses partenaires institutionnels tiennent à rétablir plusieurs éléments de vérité et de méthode à la suite du communiqué publié le 29 janvier 2026 par l’association La Bresse Environnement.
Une réunion décidée bien avant le communiqué de La Bresse Environnement du 25 janvier
Contrairement à ce qui est laissé entendre, la réunion de travail du lundi 26 janvier 2026 en mairie n’a pas été organisée à la suite du communiqué de presse de La Bresse Environnement daté du 25 janvier. Dès le début du mois de décembre, la commune avait sollicité un nouveau rendez-vous avec les services de l’État et les experts afin de poursuivre les investigations, comme l’atteste le procès-verbal du conseil municipal du 15 décembre : « Suite aux retours de la population, un nouveau rendez-vous a donc été sollicité, avec la Préfecture, le bureau de recherches géologiques, le service risques de la DDT afin d’engager de nouvelles investigations et de définir également les financeurs.» Il est donc inexact de présenter cette réunion comme une réponse circonstancielle à une prise de position associative : elle s’inscrit dans une démarche continue, engagée depuis 2022, pour comprendre et traiter les nuisances.
Le contenu réel des études de 2022 et 2024
En septembre 2022, une première étude menée par ATMO Grand Est, en collaboration avec le cabinet Osmanthe, a permis de caractériser les odeurs et d’identifier une zone critique autour d’anciens sites industriels. Cette étude a mis en évidence une forte présence de composés soufrés (H₂S, propylmercaptan, éthylmercaptan) dans l’air ambiant et dans l’eau de la Moselotte, avec des intensités maximales observées de part et d’autre de la rivière.
Cette même étude a conclu à l’absence de lien direct avec les réseaux d’assainissement ou les activités industrielles actuelles, tout en formulant des hypothèses de pollution historique des sols liée aux anciennes industries présentes ou aux remblais employés lors de la déviation de la rivière dans les années 1970. Il ne s’agit pas d’ériger une cause en certitude, mais de reconnaître que cette piste figure parmi les scénarios les plus structurés aujourd’hui, sur la base de données mesurées et d’éléments techniques convergents.
En 2024, une seconde étude, confiée à SEMACO Environnement, a approfondi les analyses sur les eaux souterraines, superficielles, les sédiments et l’air ambiant. Les résultats ont confirmé l’absence de pollution dans les eaux souterraines et superficielles, mais mis en évidence la présence d’hydrocarbures C10–C40 et de sulfates dans les sédiments, plus concentrés en aval qu’en amont, ainsi que la détection dans l’air de N,N-Diméthylacétamide (DMAC) et d’autres composés, sans lien direct établi avec les odeurs signalées.
Une hypothèse historique présentée comme hypothèse, non comme verdict Il est inexact d’affirmer que la commune ou les services de l’État présenteraient la pollution historique des sols comme une « quasi-certitude » déjà tranchée. Les documents de travail et les comptes rendus techniques mentionnent cette hypothèse comme l’une des pistes les plus probables à ce stade, car elle est cohérente avec la localisation des odeurs, la nature des composés détectés et l’historique d’aménagement de la Moselotte (remblais, ancien lit, canal usinier), non comme une conclusion définitive.
Par ailleurs, si les usines textiles de la vallée de la Moselotte étaient principalement orientées vers la filature et le tissage, les études indiquent que l’utilisation de produits colorants soufrés ou de remblais provenant de sites potentiellement pollués fait partie des scénarios examinés par les experts, notamment en lien avec l’ancienne usine de tissage. La commune n’a jamais prétendu réécrire l’histoire industrielle locale, mais travaille avec le BRGM, la DREAL et les autres partenaires pour articuler les connaissances historiques, les données de terrain et les mesures environnementales.
L’association affirme que seule une hypothèse serait explorée et que le champ d’investigation serait « rétréci ». Les décisions actées le 26 janvier démontrent au contraire l’élargissement concret des investigations, avec plusieurs volets complémentaires validés par l’ensemble des participants.
Transparence, précaution et association des habitants
La commune porte pleinement les objectifs de santé publique, de protection de l’environnement et de confiance démocratique sans qu’il soit nécessaire qu’ils soient rappelés par La Bresse Environnement. C’est pourquoi elle a déjà rendu publiques les grandes lignes des études de 2022 et 2024 et s’est engagée, avec ses partenaires, à communiquer sur les résultats des investigations complémentaires et sur les suites qui leur seront données.
Dans ce contexte, il est essentiel de ne pas opposer artificiellement institutions et acteurs associatifs, mais de travailler ensemble à une compréhension rigoureuse des causes des nuisances et à la mise en place de mesures correctives durables. La démarche engagée depuis 2022, renouvelée en 2024 et renforcée par le programme d’investigations validé le 26 janvier 2026, s’inscrit résolument dans cette logique de prudence, de transparence et de travail collectif au service des habitants de La Bresse et de la vallée de la Moselotte.