Dans le Grand Est, l’Agence Régionale de Santé poursuit le déploiement du plan national « 50 000 solutions », destiné à mieux répondre aux besoins des personnes en situation de handicap à chaque étape de leur parcours. Engagée depuis 2024, cette mobilisation a déjà permis la mise en place de plus de 6000 solutions nouvelles dans les dix départements de la région. Sur la période 2024-2026, 48,7 millions d’euros soutiennent ces projets, avec 2778 solutions créées en 2025 et 2345 réponses supplémentaires programmées pour 2026.
Un renforcement ciblé des réponses
Ce travail mené avec les Conseils départementaux, les MDPH et l’Éducation nationale porte notamment sur l’accompagnement des enfants dans leur scolarité, le développement de l’aide à domicile avec des temps de répit pour les aidants, ainsi que sur la création ou la diversification de l’offre médico-sociale. Il vise aussi des besoins précis, liés à l’autisme, aux troubles du neurodéveloppement, au handicap psychique ou encore au vieillissement.
Une trajectoire fixée jusqu’en 2030
La dynamique engagée doit se prolonger jusqu’en 2030. Pour 2027, trois priorités structurent déjà la poursuite du plan. La première concerne la réduction du déficit d’offre dans les périodes de transition, notamment entre l’adolescence et l’âge adulte, entre la sortie d’IME et l’autonomie, ou dans les situations de doubles vulnérabilités. La deuxième porte sur le développement du médico-social mobile, avec les SAMSAH, les SESSAD et les SAVS. La troisième vise à amplifier le travail autour de la sortie des établissements accueillant des enfants en situation de handicap, afin de rendre les parcours vers l’offre adultes plus fluides.
Des exemples concrets dans la région
Plusieurs projets menés dans le Grand Est illustrent cette orientation. En Meuse, un dispositif facilite l’accès aux soins pour des adolescents présentant des troubles DYS dans leur scolarité, grâce à des outils numériques, à du matériel adapté et à des interventions d’ergothérapeutes et d’éducateurs spécialisés en milieu ordinaire. L’accompagnement est intensif, sur quatre semaines, autour de l’élève, de sa famille, des enseignants et de l’aide humaine.
Dans le Haut-Rhin, le projet « T Cap » accompagne les jeunes accueillis en IME selon leurs compétences et leurs projets de vie, dans des domaines comme le travail, l’hébergement, la vie sociale ou le soin. L’objectif est de préparer le passage à l’âge adulte, de limiter les ruptures de parcours et d’aider à organiser les sorties de l’IME à l’échelle du département.
Dans la Marne, 45 places supplémentaires d’IME et de SESSAD sont financées, dont 12 pour des enfants en situation de handicap confiés à l’Aide Sociale à l’Enfance.
Une transformation plus large de l’offre médico-sociale
Au-delà des chiffres, le plan soutient une évolution de fond de l’offre médico-sociale. Il s’agit de renforcer l’inclusion, que ce soit en établissement spécialisé, à l’école ou à domicile, de consolider le lien entre milieu ordinaire et milieu protégé, de préserver le pouvoir d’agir et de choisir des personnes, et de mieux protéger les aidants dans le cadre du répit.
Pour les familles, les personnes concernées et les professionnels, cette évolution passe par un rééquilibrage de l’offre au plus près des besoins, par le développement de solutions nouvelles pour accompagner les transitions, notamment entre le secteur enfants et le secteur adultes, ainsi que par un décloisonnement entre milieu ordinaire et milieu spécialisé, avec un appui renforcé des acteurs du médico-social.


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