Réunie le jeudi 12 février à la Chambre d’agriculture des Vosges, la Confédération paysanne des Vosges a consacré son Assemblée générale annuelle aux enjeux sanitaires qui touchent aujourd’hui les élevages.
La matinée a été dédiée aux obligations statutaires : bilan des actions menées en 2025, présentation des projets en cours et examen des comptes du syndicat. Un repas préparé à partir des productions locales des adhérentes et adhérents a ensuite permis de prolonger les échanges dans un esprit convivial.
Maladies émergentes : quelles réponses collectives ?
L’après-midi, plus de soixante participants ont pris part à une table ronde consacrée aux crises sanitaires récurrentes qui frappent le monde agricole : dermatose nodulaire contagieuse (DNC), maladie hémorragique épizootique (MHE), fièvre catarrhale ovine (FCO) ou encore influenza aviaire hautement pathogène (IAHP). En toile de fond, une interrogation centrale : quelle stratégie publique adopter face à la multiplication de ces épizooties ?
Invitée à intervenir, Coralie Amar, vétérinaire et membre du GIE Zone verte, a apporté un éclairage technique très suivi. Elle a notamment insisté sur les leviers permettant de soutenir les défenses naturelles des troupeaux : qualité des prairies, biodiversité autour des fermes, rôle des micro-organismes et équilibre des écosystèmes agricoles. Les discussions ont également porté sur les facteurs favorisant l’émergence et la diffusion de ces maladies.
Redonner une place centrale aux paysans
Au-delà des aspects strictement vétérinaires, les échanges ont ouvert une réflexion plus large sur l’organisation des filières et les effets du modèle commercial dominant. Pour la Confédération paysanne, la gestion sanitaire ne peut se limiter à des réponses d’urgence ou à des mesures uniformes : elle doit intégrer les réalités de terrain et reconnaître l’expertise des éleveuses et éleveurs.
Cette Assemblée générale a ainsi servi de tribune pour formuler des propositions à destination des services de l’État et des institutions agricoles présentes. Le syndicat appelle à des politiques sanitaires qui associent davantage les paysans aux décisions et prennent en compte la diversité des systèmes d’élevage.
Entre analyses techniques et débat de fond, la journée a confirmé la volonté de la Confédération paysanne des Vosges de peser dans les orientations futures en matière de santé animale, en défendant une approche qu’elle veut plus préventive, territorialisée et respectueuse des équilibres agricoles.


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