Contre le capitalisme funéraire, sortir la mort du marché.
avec le Collectif pour une Sécurité Sociale de la mort
Alban habite à Calais et Jean-Loup à Sens. Ils sont enseignants d’Histoire-Géographie dans le secondaire. Membres de Réseau Salariat, association d’éducation populaire, ils ont cofondé le Collectif pour une Sécurité Sociale de la mort et réalisé une conférence, Une Danse Macabre, pour présenter cette idée.Le marché funéraire : une marchandisation de la détresse
« Depuis la nuit des temps, la Danse macabre fait se rejoindre côte à côte dans la mort le seigneur et le paysan, le riche et le mendiant. Mais aujourd’hui, sommes-nous vraiment égaux face à la mort?
Aux côtés des personnages emblématiques qui jalonnent la longue Histoire de la mort, nous allons essayer de dresser ensemble le portrait du capitalisme funéraire qui est aujourd’hui en place. A nous d’en sortir! Pour rendre la mort à tous, ce soir, nous proposons le retour de la danse macabre. Et pour ce faire, le meilleur des outils : la Sécurité sociale.
La Sécurité sociale de la mort, c’est quoi ?
Il s’agit d’une proposition d’une nouvelle organisation économique de nos obsèques et de nos deuils. Nous nous sommes inspiré·es des travaux d’éducation populaire de l’association Réseau Salariat, ainsi que des innovations mises en place dans les coopératives funéraires qui organisent déjà aujourd’hui une alternative au marché des pompes funèbres.
Notre Collectif part déjà de plusieurs constats concernant le système capitaliste funéraire français :
D’abord, pour les familles endeuillées.
La mort coûte très cher : une moyenne établie par la Cour des Comptes en 2019 fait état d’un coût moyen de 3800 euros pour une inhumation ou une crémation. Si le cimetière est l’espace où l’on finit tous par se croiser, riches et pauvres, y accéder demande un ultime sacrifice économique d’une ampleur considérable. Et, les solutions existantes ne sont pas satisfaisantes. Les aides de la Sécurité sociale, de la Caisse d’Allocations Familiales ou de la Caisse d’Assurance Retraite et de la Santé au Travail, ne couvrent pas tous les décès et sont surtout très méconnues. Ainsi, l’immense majorité de ces aides demeurent non-réclamées. Pour les personnes les plus isolées, sans ressources, il est possible d’être inhumé dans le terrain commun du cimetière aux frais de la mairie mais selon les communes, cet espace peut se révéler plus ou moins impersonnel voire dégradant.
Après le moment des obsèques, s’ouvre une nouvelle période pour les familles, celle du deuil, où à nouveau il faut se débrouiller seul : payer ses propres séances de psy si besoin et/ou se faire passer pour malade auprès du médecin généraliste pour prendre une période de congé.
On ne s’occupe de la mort que quand elle nous tombe dessus, le reste du temps, nous préférons y penser seul·es et ne pas en parler. Aujourd’hui c’est le capitalisme funéraire qui s’occupe de nous. Inversons la tendance.
Après une heure de conférence gesticulée, nous pourrons tous et toutes discuter ensemble de nos expériences face à l’économie de la mort.
La durée totale est de 1h40. »

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