Depuis le 31 janvier 2026, plus de 2 000 infirmières du dispositif Asalée se retrouvent sans aucune rémunération. Réparties sur l’ensemble du territoire français, y compris en outre-mer, elles subissent les conséquences d’un conflit financier entre leur association et l’Assurance maladie. Ce jeudi après-midi, elles seront à la CPAM d’Epinal pour interpeller.
Le blocage provient d’un différend avec la Caisse nationale d’assurance maladie, principal financeur de l’association Asalée. Cette dernière dépend en grande partie de ces fonds pour assurer le versement des salaires. Leur suspension a plongé les professionnelles dans une situation particulièrement instable.
Continuer à soigner malgré tout
Sur le terrain, de nombreuses infirmières poursuivent leur activité, malgré l’absence de revenus. Un engagement qui devient difficile à tenir au quotidien. Les frais liés aux déplacements, notamment en zone rurale, pèsent lourdement, d’autant plus dans un contexte de hausse des prix.
À ces difficultés matérielles s’ajoute une fatigue morale croissante. Assurer un suivi attentif des patients tout en faisant face à ses propres inquiétudes financières représente une épreuve supplémentaire pour ces soignantes.
Un maillon essentiel du système de santé
Le programme Asalée s’appuie sur une coopération étroite entre infirmières et médecins généralistes. Il joue un rôle clé dans la prise en charge des maladies chroniques comme le diabète ou l’hypertension. Les infirmières participent également à des actions de prévention, allant du dépistage des troubles cognitifs chez les personnes âgées à la surveillance du surpoids chez les plus jeunes.
Dans de nombreuses zones rurales, leur présence est indispensable. L’éloignement des hôpitaux rend leur intervention d’autant plus précieuse pour garantir un suivi régulier des patients.
Une décision attendue devant la justice
Le conflit entre l’association et l’Assurance maladie doit être examiné lors d’une audience prévue le 27 mars à Paris. Cette échéance est déterminante pour l’avenir du dispositif.
Deux issues principales sont envisagées : une déclaration de cessation de paiement, qui permettrait d’activer des mécanismes de protection pour les salariées, ou une liquidation judiciaire, synonyme de licenciements immédiats.
Une précarité grandissante
En attendant cette décision, les infirmières restent dans l’incertitude la plus totale. L’absence de salaire depuis plusieurs semaines fragilise leur équilibre personnel et familial. Certaines doivent déjà faire face à des choix difficiles pour faire face aux dépenses du quotidien.
Des rassemblements pour alerter
Pour dénoncer leur situation, des mobilisations sont prévues devant plusieurs caisses primaires d’assurance maladie, notamment à Nancy et Épinal ce jeudi après-midi. Ces actions visent avant tout à attirer l’attention sur leurs conditions de vie et à faire entendre leur voix.
Les soignantes espèrent ainsi obtenir une reconnaissance de leur engagement, mais aussi une réponse rapide à la crise qu’elles traversent.
L’urgence d’un accord pérenne
Au-delà de l’urgence actuelle, les infirmières appellent à la mise en place d’un cadre stable avec la Caisse nationale d’assurance maladie. Elles souhaitent garantir la pérennité du dispositif Asalée et préserver une approche fondée sur la prévention et l’accompagnement de proximité.
Cette crise met en évidence la fragilité de certains dispositifs essentiels au système de santé. Elle rappelle également à quel point la continuité des soins repose sur des professionnels dont la situation reste parfois précaire.
Pour ces infirmières, l’enjeu est clair : pouvoir continuer à exercer leur métier dans des conditions dignes, au service des patients.

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