Selon des informations solides et recoupées recueillies par les associations mobilisées, le projet de via ferrata du Tanet ne devrait pas recevoir l’autorisation nécessaire à sa réalisation.
À ce jour, SOS Massif des Vosges ne dispose toutefois d’aucun arrêté, courrier ou communiqué officiel de la préfecture du Haut-Rhin confirmant formellement cette décision. Nous présentons donc cette information avec la prudence qui s’impose.
Le Syndicat mixte des stations de montagne de la vallée de Munster aurait été informé, lors d’une réunion organisée à la mi-juin, de l’avis très défavorable rendu par la DREAL. Malgré l’insistance d’élus favorables au projet, les autorités auraient décidé de ne pas y donner suite.
Sous réserve de sa confirmation officielle, le projet peut donc être considéré comme enterré.
Lancé en 2009, il avait déjà fait l’objet d’un refus préfectoral en 2015, avant de connaître trois tentatives de relance. Il aura fallu dix-sept années de mobilisation, d’interventions, de vigilance et d’argumentation pour empêcher l’artificialisation de l’un des derniers sites rupestres sauvages du massif vosgien.
Cette issue ne protège pas seulement un paysage. Elle préserve un milieu naturel exceptionnel situé à proximité immédiate de la Réserve naturelle nationale du Tanet–Gazon du Faing, au contact de plusieurs espaces Natura 2000.
Le Conservatoire d’espaces naturels de Lorraine avait relevé la présence de sept habitats d’intérêt communautaire en bon état de conservation, ainsi que la nidification, constatée en 2024, de la Chevêchette d’Europe et de la Chouette de Tengmalm dans l’aire d’étude ou à proximité immédiate du projet. Le secteur accueille également le Faucon pèlerin, le Grand Corbeau, le Pic noir, le Hibou grand-duc et plusieurs espèces de chauves-souris.
La flore remarquable était elle aussi directement concernée : Lycopode sélagine, Rossolis à feuilles rondes, Parnassie des marais, Grassette commune et Dactylorhize de Fuchs. Le Conseil scientifique régional du patrimoine naturel avait recensé au moins 41 espèces protégées, tout en estimant que ce nombre était probablement sous-évalué en raison d’inventaires incomplets.
Le projet aurait introduit câbles, ancrages, passerelles, bruit et fréquentation supplémentaire dans un secteur jusqu’ici peu altéré. Le Conservatoire d’espaces naturels de Lorraine et le Conseil scientifique régional du patrimoine naturel avaient tous deux rendu des avis défavorables.
Le CSRPN avait notamment estimé que cet équipement destiné à un public restreint ne répondait pas à une raison impérative d’intérêt public majeur. Il rappelait qu’une véritable solution alternative consistait à protéger et à valoriser le caractère naturel exceptionnel du Tanet, plutôt qu’à lui imposer un nouvel équipement récréatif.
SOS Massif des Vosges adresse ses plus chaleureuses félicitations à Alsace Nature, qui a su rester présente et déterminée à chacune des tentatives de relance. Nous sommes fiers d’avoir apporté notre soutien sans faille à ce long combat pour le Tanet, pour la vallée de Munster et pour l’ensemble du massif vosgien.
Cette victoire annoncée dépasse le seul cas du Tanet. Elle montre que les projets d’aménagement ne sont pas une fatalité et que la nature n’a pas besoin d’être bardée de métal pour exister, émerveiller ou être découverte.
Face à l’accumulation de projets toujours plus énormes, artificiels et destructeurs, tyroliennes, pistes, luges d’été, parcs de loisirs, équipements prétendument « quatre saisons » et leurs cortèges de parking, les mobilisations citoyennes et associatives commencent peut-être à porter leurs fruits.
À force de vouloir transformer chaque sommet, chaque forêt et chaque versant en produit de loisirs indutriel, les promoteurs de l’aménagement à outrance ont rendu leur fuite en avant visible dans toute sa démesure.
Nous voulons croire que les consciences commencent enfin à se réveiller et que cette décision, lorsqu’elle sera officiellement confirmée, en annoncera d’autres.
Après dix-huit ans de combat, le Tanet devrait donc pouvoir continuer à respirer. La Chouette de Tengmalm, la Chevêchette d’Europe, le Faucon pèlerin, les chauves-souris, les plantes protégées et les habitats remarquables du site devraient pouvoir continuer à vivre sans câbles, sans passerelles et sans vacarme au-dessus de leurs têtes.
Nos petites montagnes n’ont pas vocation à devenir de grands parcs d’attractions.
Le 24 juillet 2026
SOS Massif des Vosges




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