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lundi 10 août

À Épinal, quatre jours de jeûne pour commémorer Hiroshima et Nagasaki

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Du 6 au 9 août, des membres de l’association Vosges Alternatives au nucléaire se sont réunis dans le centre-ville d’Épinal pour un temps de jeûne et de recueillement. Une initiative organisée à l’occasion du 80e anniversaire des bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki, mais aussi pour rappeler leur opposition aux armes nucléaires.

Durant quatre jours, le centre-ville d’Épinal a accueilli une mobilisation particulière. À l’initiative de Vosges Alternatives au nucléaire et du collectif Abolition des armes nucléaires, plusieurs participants ont choisi de jeûner du 6 au 9 août afin de rendre hommage aux victimes des bombardements atomiques qui ont frappé le Japon en août 1945.

Le 6 août 1945, à 8 h 15, la bombe américaine « Little Boy » était larguée sur Hiroshima. Trois jours plus tard, le 9 août, Nagasaki était à son tour frappée par une bombe atomique. Les deux bombardements ont provoqué des dizaines de milliers de morts immédiates et de nombreuses victimes dans les années qui ont suivi, notamment en raison des blessures, des brûlures et des conséquences des radiations.

Quatre-vingts ans après ces événements, les militants spinaliens souhaitent maintenir cette mémoire et alerter sur la persistance du risque nucléaire.

« Plus jamais Hiroshima, plus jamais Nagasaki »

Cette mobilisation s’inscrit dans un mouvement international de commémoration porté notamment par les survivants japonais des bombardements, les Hibakushas. Ces derniers ont consacré une grande partie de leur vie à témoigner des conséquences humaines des armes atomiques et à défendre leur abolition.

À Épinal, le jeûne constitue ainsi à la fois un acte symbolique de mémoire et une action militante. Les participants demandent notamment l’abolition des armes nucléaires et souhaitent que la France signe et ratifie le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires adopté par les Nations unies en 2017.

Pour les organisateurs, le contexte géopolitique actuel donne une résonance particulière à cette démarche. La multiplication des conflits, l’augmentation des budgets militaires et la modernisation des arsenaux nucléaires sont perçues comme autant de signes d’une nouvelle course aux armements.

Roland Nivet : « Nous sommes à un point de bascule »

Parmi les prises de parole associées à cette mobilisation figure celle de Roland Nivet, porte-parole national du Mouvement de la Paix et représentant de l’organisation auprès de la commission ECOSOC des Nations unies. Engagé depuis plusieurs décennies en faveur de la paix et du désarmement nucléaire, il estime que le monde se trouve aujourd’hui face à un choix déterminant.

Selon lui, les événements d’Hiroshima et de Nagasaki ont marqué un tournant majeur dans l’histoire de l’humanité en démontrant, pour la première fois, la capacité de l’homme à provoquer une destruction massive en quelques instants.

Mais le militant refuse de considérer le désarmement comme une cause perdue. Il rappelle notamment le rôle joué par les Hibakushas, dont le témoignage a contribué à faire émerger un mouvement international en faveur de l’abolition des armes nucléaires.

Pour Roland Nivet, l’évolution actuelle est néanmoins préoccupante. Les dépenses militaires mondiales atteignent des niveaux considérables tandis que les neuf États possédant l’arme nucléaire poursuivent la modernisation de leurs arsenaux. Il estime également que plusieurs mécanismes internationaux destinés à limiter la course aux armements sont aujourd’hui fragilisés.

Le choix entre confrontation et coopération

Dans son intervention, Roland Nivet oppose deux visions de l’avenir. La première serait celle d’une montée des tensions internationales, d’une augmentation continue des dépenses militaires et d’une place toujours plus importante donnée à la logique de confrontation.

La seconde reposerait davantage sur la coopération entre les peuples, le dialogue, le droit international et le multilatéralisme.

Le porte-parole du Mouvement de la Paix défend notamment l’idée d’une « sécurité humaine », qui ne serait pas uniquement évaluée au nombre de missiles, de sous-marins ou de moyens militaires disponibles, mais également à la capacité des populations à accéder à la santé, à l’éducation, à l’alimentation, à la culture et à un environnement préservé.

Une mobilisation qui veut dépasser les frontières

Pour les militants, la question nucléaire ne peut pas être uniquement considérée comme une affaire opposant les grandes puissances. Roland Nivet appelle ainsi à une mobilisation réunissant associations pacifistes, organisations syndicales, défenseurs des droits humains, mouvements écologistes, chercheurs, artistes, élus et jeunes générations.

Il insiste également sur la nécessité de rapprocher les mobilisations du Nord et du Sud, en rappelant que les conséquences des essais nucléaires ont également marqué durablement certaines populations du Pacifique.

L’objectif affiché est de faire du désarmement nucléaire une mobilisation internationale durable, avec plusieurs temps forts dans l’année. Les journées du 6 au 9 août, consacrées à la mémoire d’Hiroshima et de Nagasaki, constituent pour lui un premier rendez-vous important. D’autres initiatives pourraient être organisées autour de la Journée internationale de la paix, le 21 septembre, de la Journée internationale pour l’élimination totale des armes nucléaires, le 26 septembre, mais également lors du 1er mai et du 10 décembre, Journée internationale des droits humains.

« Le droit de vivre sans la menace d’une guerre nucléaire »

À Épinal, les quatre jours de jeûne se veulent donc bien davantage qu’une simple cérémonie commémorative. À travers cette action, les participants entendent rappeler les conséquences humaines des bombardements de 1945 tout en interpellant sur les choix militaires actuels.

Quatre-vingts ans après Hiroshima et Nagasaki, leur message reste le même : conserver la mémoire des victimes, transmettre le témoignage des survivants et poursuivre le combat en faveur d’un monde débarrassé des armes nucléaires.

Pour Roland Nivet, le souvenir des Hibakushas doit surtout constituer un encouragement à agir. L’enjeu, estime-t-il, est désormais de faire en sorte que les générations futures puissent vivre sans la menace permanente d’une guerre nucléaire.

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