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vendredi 12 juin

PFAS dans les Vosges : les principales stations d’épuration placées sous surveillance dès cet été

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Le contrôle des PFAS franchit une nouvelle étape dans les Vosges. À compter du 1er juillet, les exploitants des onze plus importantes stations d’épuration du département devront procéder à des analyses spécifiques des boues issues du traitement des eaux usées. L’objectif : mesurer la présence de ces substances chimiques persistantes, surnommées « polluants éternels », dont certaines sont suspectées d’avoir des effets néfastes sur la santé humaine et l’environnement.

Cette décision s’inscrit dans le cadre d’une circulaire adressée fin avril par le ministre de la Transition écologique, Mathieu Lefèvre, à l’ensemble des préfets français. Le texte fixe notamment des valeurs de référence pour une vingtaine de PFAS dans l’eau et renforce les obligations de contrôle sur les résidus produits par les stations d’épuration.

Pour le préfet des Vosges, Blaise Gourtay, cette clarification réglementaire constitue une avancée. Elle permet d’abord de disposer de seuils précis pour évaluer les niveaux de contamination, mais aussi d’imposer un suivi plus rigoureux des boues susceptibles d’être épandues sur des terres agricoles.

Le sujet est particulièrement sensible dans le département depuis l’épisode de pollution qui avait conduit, à l’automne dernier, à l’interdiction temporaire de la consommation d’eau potable à Tendon et aux Arrentès-de-Corcieux. Cette situation avait également entraîné la suspension des plans d’épandage des boues d’épuration avant qu’une reprise partielle ne soit autorisée. Selon les services de l’État, cette pratique ne concernerait toutefois qu’une faible part des surfaces agricoles vosgiennes.

Les nouvelles mesures viseront les onze stations dimensionnées pour traiter les eaux usées de territoires dépassant les 10 000 habitants. Sur les 151 installations recensées dans les Vosges, une cinquantaine fonctionnent grâce au procédé des boues activées, qui associe oxygénation et action bactérienne afin d’éliminer un maximum de substances indésirables avant l’incinération ou l’épandage des résidus.

Les contrôles ne se limiteront pas aux équipements publics. Les stations d’épuration exploitées directement par des industriels seront elles aussi concernées. Les autorités espèrent ainsi enrichir les connaissances scientifiques sur les PFAS, une vaste famille de plusieurs milliers de composés chimiques dont seule une fraction est aujourd’hui réellement étudiée.

Les premiers résultats de ces campagnes d’analyses ne sont toutefois pas attendus tout de suite.

À Gérardmer, les entreprises textiles mises en cause dans les contaminations détectées à Tendon et aux Arrentès-de-Corcieux ont déjà dû adapter leurs pratiques. Elles ne peuvent plus remettre leurs boues aux exploitants agricoles et sont contraintes de les stocker dans l’attente de solutions adaptées.

Les industriels concernés auraient également modifié leurs procédés de traitement. Si les futures analyses révèlent une diminution significative des concentrations en PFAS, un retour encadré à l’épandage pourrait être envisagé. Mais pour les pouvoirs publics, une chose est certaine : la gestion de ces polluants persistants ne fait que commencer et de nouveaux défis restent à relever.

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