Communiqué
Avant le vote à l’Assemblée Nationale de la Loi d’Urgence Agricole, la FNAB, la Confédération Paysanne, Générations Futures lancent un appel à rassemblement pour faire pression contre ce texte.
En Grand Est, les GAB 54, la Confédération Paysanne, Bio en Grand Est, Générations Futures 54 et un collectif d’organisations (liste en fin de mail) appellent à un rassemblement revendicatif ce samedi 18 juillet de 16h à 18h, place Stanislas à Nancy.
Nous, collectifs d’associations du Grand Est, sommes extrêmement inquiets du texte voté au Sénat. Les canicules s’enchaînent et les tensions sur la ressource en eau sont exacerbées, avec des coupures d’eau potable dans certains territoires. Les agriculteurs ont besoin d’eau pour produire, c’est une évidence, mais le texte amendé par le Sénat n’apportera pas les solutions dont le monde agricole a besoin pour s’adapter face au dérèglement climatique. Il creusera le fossé qui sépare agriculteurs et citoyens.
Par cette mobilisation, nous voulons passer des messages clairs :
1. A l’image de l’engagement citoyen en faveur de la pétition contre la loi Duplomb, le rejet du projet de loi d’urgence agricole proposé reste fort. Le monde scientifique et médicale est lui aussi en émoi, en témoigne les nombreuses tribunes d’alerte contre ce projet de loi dangereux pour le vivant et notre avenir. Nous craignons le développement incontrôlé de l’élevage industriel qui dégradera les conditions du bien-être animal et détériorera la qualité nutritive de notre alimentation. Nous rejetons toute volonté de privatisation de l’eau qui amènera des tensions fortes sur son usage et nous n’acceptons pas l’affaiblissement des règles d’usage des pesticides dans les zones de captage d’eau potable.
2. Nous souhaitons témoigner de solutions existantes, permettant de concilier les enjeux de souveraineté alimentaire, tout en diminuant nos émissions de gaz à effet de serre, en préservant la ressource en eau et en respectant la biodiversité. L’agriculture biologique et paysanne constitue une voie de passage et une vraie opportunité pour construire un système alimentaire plus robuste. Nous pouvons citer quelques chiffres du monde scientifique : elle génère moins de 50% de gaz à effet de serre, propose plus de 23% de biodiversité sur ses fermes (source Institut Technique de l’agriculture Biologique) et moins de 28% de cancers pour les consommateurs de produits biologiques (Source : Etude BioNutriNet)
3. Nous demandons une reconnaissance des pouvoirs publics, par des moyens plus importants alloués aux dynamiques de transitions et au maintien des pratiques de productions vertueuses. Nous souhaitons la reconnaissance de notre cahier des charges AB comme solution dans les politiques de protection de la ressource en eau. Nous revendiquons la priorisation de l’usage de l’eau pour les cultures vivrières et notamment le maraichage.
Nous n’acceptons pas que les fermes qui contribuent à l’atténuation des effets de la crise climatique en soit aussi les principales victimes par les décisions de mal adaptation présentes dans la Loi d’urgence agricole.
Nous invitons tous les citoyens à venir à la rencontre de notre collectif d’associations. Nous éclairerons, nos discussions par des éléments de consensus scientifiques qui démontrent que l’agriculture biologique et paysanne porte de nombreuses aménités pour notre société. Nous alerterons députés et sénateurs et nous les inviterons à revoir leur copie sur la loi d’urgence agricole en soutenant davantage les systèmes agricoles vertueux.
