Le tribunal correctionnel d’Épinal examine ce jeudi 3 septembre une affaire de trafic de migrants présumé aux ramifications internationales. Au cœur du dossier, un homme de 36 ans, domicilié à Épinal, soupçonné par les enquêteurs d’avoir dirigé une filière permettant à plusieurs centaines de ressortissants syriens de rejoindre la France.
L’affaire avait été révélée au début de l’été après l’interpellation du suspect, placé depuis en détention provisoire. L’enquête, menée sous l’autorité du parquet d’Épinal avec l’Office de lutte contre le trafic illicite de migrants de Metz, avait débuté à la suite d’un renseignement transmis en octobre 2025.
Un itinéraire passant par l’Amérique du Sud
Selon les investigations, la filière aurait fonctionné entre 2021 et 2025. Les candidats au départ quittaient la Syrie et empruntaient un parcours particulièrement inhabituel : Turquie, Venezuela, Brésil, puis Guyane française.
À leur arrivée à Cayenne, une partie des migrants déposait une demande d’asile avant de gagner la métropole, avec plusieurs installations dans la région Grand Est. Les enquêteurs estiment que 400 à 600 personnes auraient utilisé cette filière sur cette période.
Le dossier fait également apparaître une dimension financière. Les prestations auraient été proposées entre 800 et 1 000 dollars par personne, notamment par l’intermédiaire de la société « La Sultana Tours », dirigée par le prévenu. Des vidéos présentant ces services auraient notamment circulé sur WhatsApp.
Les investigations ont par ailleurs permis d’identifier des mouvements financiers vers l’étranger, notamment en direction du Brésil. Une demande d’entraide judiciaire internationale a été adressée aux autorités brésiliennes.
Le prévenu face à la justice
Le trentenaire doit répondre notamment de faits d’aide à l’entrée, à la circulation ou au séjour irrégulier d’étrangers en France en bande organisée, ainsi que de détention frauduleuse de faux documents administratifs.
Après son placement en garde à vue le 29 juin, son procès avait été renvoyé afin de permettre la préparation de sa défense. Il comparaît ce jeudi devant le tribunal correctionnel d’Épinal.
À ce stade, les faits reprochés restent ceux retenus par l’accusation et le prévenu bénéficie de la présomption d’innocence jusqu’à une éventuelle condamnation.

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