Le député des Vosges Sébastien Humbert a écrit au Premier ministre, Sébastien Lecornu, pour demander le maintien du remboursement des cures thermales à 65 % par l’Assurance maladie. La baisse envisagée dans le cadre du budget 2027 pourrait, selon lui, fragiliser les stations de Vittel, Contrexéville et Bains-les-Bains.
Le thermalisme vosgien pourrait-il être affecté par les mesures d’économies envisagées pour le budget de la Sécurité sociale de 2027 ? C’est la crainte exprimée par Sébastien Humbert, député de la quatrième circonscription des Vosges. Dans un courrier adressé ce lundi 12 octobre au Premier ministre, le parlementaire s’oppose à une éventuelle réduction du taux de remboursement des cures thermales par l’Assurance maladie, qui passerait de 65 % à 15 %.
Selon le député, cette mesure permettrait à l’État de réaliser 200 millions d’euros d’économies. Mais une partie de la dépense serait alors transférée vers les complémentaires santé, avec un risque de répercussion sur les cotisations des assurés.
Vittel, Contrexéville et Bains-les-Bains concernées
Dans les Vosges, trois stations thermales pourraient être particulièrement concernées par les conséquences d’une telle décision : Vittel, Contrexéville et Bains-les-Bains.
Sébastien Humbert souligne le rôle économique de ces établissements, dont l’activité bénéficie à de nombreux secteurs, notamment l’hébergement, la restauration, les commerces et le tourisme. Une baisse des remboursements pourrait décourager certains curistes et, par conséquent, fragiliser les entreprises et les emplois qui dépendent de cette fréquentation.
Pour défendre cette activité, le député rappelle que le thermalisme représente environ 600 000 curistes par an en France et génère un poids économique estimé à 500 millions d’euros. Il souligne également que près de 70 % des stations thermales sont situées dans des communes de moins de 5 000 habitants, où elles contribuent au maintien de l’activité économique.
Un débat sur l’efficacité médicale des cures
Au-delà des enjeux économiques, le parlementaire met en avant l’intérêt sanitaire des cures thermales. Il estime que celles-ci peuvent contribuer à limiter le recours aux médicaments et à éviter certaines hospitalisations.
Il s’interroge également sur le calendrier de la mesure, alors qu’une étude de la Haute Autorité de santé doit porter sur les bénéfices médicaux et économiques du thermalisme. À ses yeux, une réduction des remboursements ne devrait pas intervenir avant que les conclusions de ces travaux puissent éclairer la décision publique.
Le député rappelle par ailleurs que l’Assemblée nationale s’était opposée à une modification du remboursement des cures thermales lors de l’examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026. Il avait déjà alerté le Gouvernement sur le sujet le 12 novembre 2025.
Le maintien d’une prise en charge à 65 % demandé
S’il reconnaît la nécessité de maîtriser les dépenses publiques, Sébastien Humbert estime que le thermalisme ne doit pas être une variable d’ajustement budgétaire. Il invite le Gouvernement à examiner d’autres pistes d’économies, notamment en matière de dépenses de santé et de lutte contre la fraude sociale.
Dans son courrier au Premier ministre, il demande donc le maintien du taux actuel de remboursement des cures thermales par l’Assurance maladie.
« Le thermalisme doit être sanctuarisé en France, de nombreux territoires en vivent et le service médical rendu est démontré », affirme le député.
Pour les stations vosgiennes, l’enjeu dépasse ainsi la seule question du remboursement des soins : il concerne également l’attractivité touristique, l’activité des entreprises locales et les emplois associés au thermalisme.



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