Les travaux entamés entre le boulevard d’Alsace et celui de la Jamagne (au niveau du lycée Chardin et de Pro & Cie) commencent à faire couler de l’encre et de la salive. Un échange en fin de conseil a permis d’y voir un petit peu plus clair sur l’historique du site.
En tête des questions diverses de ce mercredi 20 mai, les élus de Gérardmer Nature Solidarités (GSN) demandaient « la communication des échanges entre le propriétaire du terrain boulevard de la Jamagne où se construit le nouveau futur centre commercial et la mairie de Gérardmer quand il s’est agi d’appliquer la clause prévue lors de la délibération du conseil municipal du 1ᵉʳ mars 2002 reproduite ci-après » :
« Dans l’hypothèse où l’acquéreur (ou les acquéreurs) désirerait vendre le terrain, la commune de Gérardmer aura priorité et préférence pour se rendre acquéreur au prix de 13,72 € le m² indexé sur l’indice du coût de la construction (dernier indice publié à ce jour et servant de base pour la révision : 3ᵉ trimestre 2001). L’acquéreur aux présentes devra communiquer à la Collectivité son intention de vendre. La Commune aura alors un délai de deux mois pour faire connaître son intention de se rendre acquéreur ou non. »
Difficile de s’y retrouver dans cette affaire, d’autant plus que seules deux lettres (une datant de 2016 et l’autre de 2023) ont pu être retrouvées jusqu’à présent, dont René Bourquin a fait la lecture lors du conseil municipal. Des échanges épistolaires évoquant de vagues négociations qui ont potentiellement fait suite à des entretiens oraux… ou pas ? … Olivier Odille, précédent adjoint aux finances, a pu apporter quelques éclairages, évoquant un potentiel chantage à l’emploi des propriétaires du terrain, mais aussi des désaccords entre les élus de la majorité sur ce dossier, et, le concernant, une réticence à ce que la commune acquière le terrain à un tarif trop élevé malgré un emplacement « avantageux« . Le groupe GSN va sans doute continuer à creuser le sujet en s’appuyant également sur les recherches (passées et à venir) de René Bourquin.
Et c’est encore Eric Defranould qui résume le mieux la situation au terme de la séance : « Il s’agit des anciennes emprises de la SNCF que la Ville avait racheté environ 30 € du m². Elle en avait notamment revendu une partie à Linvosges et par la suite une partie à SOGAL, avec la promesse de s’agrandir, de créer de l’emploi. 24 ans plus tard, il n’y a pas eu d’agrandissement et SOGAL a souhaité revendre le terrain. Malheureusement, la commune n’a pas souhaité faire jouer la clause lui permettant de racheter au prix initial plus l’inflation. Ce qui aurait mené à environ 30 ou 35 € du m² je pense, pour un coût total qui aurait avoisiné les 350 – 400 000 €. Mais c’est bien SOGAL qui a revendu le terrain pour environ 1,7 millions d’euros, réalisant une belle marge qu’aurait pu faire la commune si elle avait fait jouer sa clause. Et tout ça pour qu’aujourd’hui une grande enseigne de fast-food risque s’y implanter ! »
En effet, selon nos informations, des démarches ont été lancées pour l’implantation d’un fast food avec drive dans l’une des cellules en construction dans la zone concernée, mais le projet fait face à des problématiques en matière de flux de circulation notamment. Affaire à suivre…


