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jeudi 20 août

Une restauration “low-tech”, façon Castor, pour la tourbière de Mérelle

Le Conservatoire d’espaces Naturels s’inspire de l’architecte des cours d’eau

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Le projet de restauration de la tourbière de Mérelle, sur les hauteurs de Gérardmer, est en bonne voie. Une réunion d’échange avec les partenaires a eu lieu sur le site. Pas de gros engins, ni de gros moyens, c’est une restauration low-tech du ruisseau de Mérelle qui est ici préconisée par le Conservatoire d’Espaces Naturels (CEN) de Lorraine, une première pour l’antenne Vosges. 

 

Et si la meilleure solution n’était pas une nouvelle technologie, mais plutôt un ingénieur, que l’on a longtemps chassé : le Castor, ou comment la nature elle-même nous donne la clé pour soigner nos cours d’eau, de manière efficace et durable.

 

Sur le site de la tourbière de Mérelle, protégé par le CEN, se trouve le ruisseau du même nom, en tête de bassin et affluent du lac de Gérardmer. La tourbière a vraisemblablement été exploitée, et asséchée par la rectification du cours d’eau qui été linéarisé. Le plan de gestion conservatoire du site préconise une restauration de la zone humide par renaturation du tronçon amont du ruisseau de Mérelle.  L’ensemble du site se trouve au sein d’un Espace Naturel Sensible, il apparaît alors pertinent de favoriser un type de restauration respectueux du milieu et des espèces en présence. 

 

Après analyse du profil du ruisseau et réflexion autour des différents scénarios de restauration possibles, et au vu de la sensibilité du milieu, le CEN a rapidement retenu la solution low-tech, inspirée du Castor. Il s’agit d’imiter l’ingénieur des cours d’eau en construisant des structures simples et perméables, à l’aide matériaux locaux : bois et branchages trouvés sur place. “On va y aller à la main et réaliser des barrages, comme le ferait le Castor” précise Louis Hermon, chargé du projet pour le CEN. L’objectif étant de faire reméandrer naturellement le ruisseau avec la force de l’eau et lui permettre de déborder pour se reconnecter à la tourbière. Cette méthode présente tous les avantages : elle impacte le moins possible, ne coûte pas cher, est réversible et surtout s’avère très efficace pour recréer une dynamique naturelle. 

 

L’objectif de cette réunion était la réunion des acteurs, la validation du projet et la définition des premiers éléments de mesure nécessaire au dimensionnement du projet. 

L’équipe scientifique du Conservatoire d’Espaces Naturels et la Fédération de Pêche ont mis en place les premiers instruments de mesure : sondes, piézomètres et débitmètres, et des prélèvements ont été effectués. “Avant d’intervenir, nous voulons avoir un maximum de données à l’état zéro de afin de mieux dimensionner le projet” précise Louis Hermon. Les suivis commenceront en fin d’année et le chantier à proprement dit, l’installation des “peignes”, les barrages à la manière du Castor, aurait lieu à l’automne 2027.

 

Ce chantier, initié par le CEN, devrait s’intégrer dans le cadre du Plan Grands Lacs piloté par la Communauté de Communes de Gérardmer Hautes-Vosges, qui a signé un Contrat de Territoire eau et Climat en 2024 avec l’Agence de l’eau Rhin Meuse, dispositif financier visant à protéger les lacs et la ressource en eau.  Ce plan d’actions “Plan Grands Lacs”  est destiné à préserver les fonctionnalités écologiques mais aussi les activités et usages des lacs de Gérardmer, Longemer et Retournemer. “Ce chantier participe à la bonne santé des lacs et la restauration favorisera la continuité piscicole” se réjouit l’association des pêcheurs du lac de Gérardmer. En effet, la restauration du cours du ruisseau et donc de la tourbière attenante, s’inscrit dans la préservation de la qualité et de la quantité d’eau dans le bassin versant du lac de Gérardmer. Parmi les partenaires de ce projet, nous pouvons citer : la CCGHV, la Fédération de Pêche, l’AAPPMA de Gérardmer, le Syndicat Mixte Moselle Amont, et la Vigie de l’eau. 

 

Ces zones humides restaurées deviennent de véritables barrières coupe-feu, un atout à valoriser dans un contexte de changement climatique. 

Ingénierie low tech

Mérelle

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Restauration de tourbière

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