« En juin 2025, les élus de la Communauté de communes Gérardmer Hautes Vosges ont voté à l’unanimité l’engagement de l’intercommunalité dans le projet de liaison douce entre Gérardmer et Bruyères. Ce projet, porté conjointement avec la Communauté de communes de Bruyères Vallons des Vosges, représente un investissement d’environ 6,6 millions d’euros.
En février 2026, les présidents des deux communautés de communes ont signé avec la SNCF la convention d’occupation temporaire de l’emprise ferroviaire.
Quelques mois plus tard, la presse annonçait que « la Voie Verte est sur les rails… ou presque ».
Je souhaite préciser d’emblée que je considère le développement d’une voie verte dans la vallée de la Vologne comme une excellente initiative. Les mobilités douces répondent aux enjeux environnementaux, favorisent le tourisme et participent à la qualité de vie des habitants. Cet objectif mérite d’être soutenu.
En revanche, une question me paraît essentielle : la réalisation de cette voie verte doit-elle nécessairement conduire au démantèlement définitif de la ligne ferroviaire reliant Gérardmer à Laveline-devant-Bruyères ?
Cette interrogation ne traduit pas une opposition au projet. Elle vise simplement à s’assurer que la décision prise aujourd’hui sera encore pertinente dans vingt, trente ou cinquante ans.
Lorsqu’une collectivité engage près de 7 millions d’euros d’argent public, il est légitime de s’interroger :
quelles seront les retombées concrètes pour les habitants de la vallée ?
quels bénéfices économiques sont attendus ?
quelles études comparatives ont été réalisées ?
des solutions permettant de préserver l’avenir ferroviaire ont-elles été étudiées ?
Je ne prétends pas détenir les réponses. Je souhaite simplement que ces questions puissent être débattues.
Une infrastructure ferroviaire constitue un patrimoine public
Une ligne ferroviaire existante représente un patrimoine considérable : terrassements, ouvrages d’art, emprises foncières, plateforme ferroviaire… Ces investissements ont déjà été réalisés par les générations précédentes.
Supprimer définitivement cette infrastructure revient à renoncer à un capital public dont la reconstitution coûterait, demain, plusieurs dizaines de millions d’euros.
Préserver l’emprise, même sans exploitation immédiate, permet au contraire de conserver une possibilité de réutilisation si les besoins évoluent.
Penser le coût à long terme
L’investissement prévu pour la voie verte avoisine les 7 millions d’euros.
Une question mérite d’être posée : si, dans vingt ans, les besoins de mobilité évoluent et qu’une liaison ferroviaire redevient pertinente, combien coûterait sa reconstruction ? serait-elle possible ?
L’expérience montre qu’il est toujours beaucoup moins coûteux de réhabiliter une infrastructure existante que d’en recréer une entièrement.
En matière d’aménagement du territoire, préserver des possibilités d’évolution constitue souvent un choix économiquement responsable.
Les technologies évoluent
Le ferroviaire d’aujourd’hui n’est plus celui d’hier.
Les trains légers, les matériels à batteries, les solutions à hydrogène ou encore les tram-trains permettent désormais d’exploiter certaines lignes secondaires avec des coûts bien inférieurs à ceux du passé.
Plusieurs régions françaises expérimentent ces solutions, tandis que des pays comme la Suisse démontrent qu’un réseau ferroviaire dense constitue un véritable levier de développement économique, touristique et résidentiel.
Pourquoi se priver définitivement de cette possibilité ?
Voie verte et train peuvent être complémentaires
Une voie verte attire les cyclotouristes et favorise les déplacements doux.
Une liaison ferroviaire permet, quant à elle, d’accueillir des visiteurs sans voiture, de faciliter les déplacements des habitants, des scolaires ou des personnes âgées, et de renforcer les liens entre les territoires.
Ces deux approches ne sont pas nécessairement incompatibles.
Dans plusieurs territoires, des solutions réversibles ou des aménagements compatibles ont été étudiés afin de préserver l’avenir ferroviaire tout en développant les mobilités douces.
Cette piste mérite, elle aussi, d’être examinée.
Une décision qui engage plusieurs générations
Le choix effectué aujourd’hui dépasse largement le mandat des élus actuels.
Il concerne les générations futures et la manière dont notre territoire pourra répondre aux besoins de mobilité de demain.
Nos prédécesseurs ont construit cette ligne avec une vision de long terme. Avons-nous aujourd’hui la certitude qu’il est préférable d’en supprimer définitivement toute possibilité de réutilisation ?
Une réflexion collective
Oui à la voie verte.
Oui aux mobilités douces.
Mais oui également à la préservation d’un outil stratégique lorsque cela est possible.
L’objectif n’est pas d’opposer deux visions de l’aménagement du territoire, mais de rechercher la solution la plus durable.
Enfin, le montant de cet investissement, proche de 7 millions d’euros, est comparable à celui d’autres grands projets structurants portés sur notre territoire. Cela renforce, à mes yeux, la nécessité d’un débat public approfondi.
Je ne prétends pas avoir raison.
Je pose simplement une question qui me semble légitime : une décision aussi importante, engageant durablement l’avenir de notre vallée et des deux communautés de communes, aurait-elle pu faire l’objet d’une concertation plus large avec les habitants ?
À titre personnel, je suis membre des associations TG2V et de La Voie Verte de la Vallée de la Vologne. Mon engagement dans ces deux structures traduit une conviction simple : il ne s’agit pas de choisir entre deux projets, mais de rechercher ensemble la meilleure solution pour l’avenir de notre territoire.
Le développement de la vallée mérite un débat ouvert, serein et fondé sur une vision de long terme ».
Jacques VALENTIN
tél : 03 29 63 36 37 Mob 06 82 69 20 82
mail: jac.valen@wanadoo.fr





6 commentaires
Teuf teuf
Il faut savoir raison garder.
à l’époque ou le pays croule sous une dette record, des taxes et impots de plus en plus insupportables, il est totalement déraisonnable de se lancer dans la renovation d’une friche ferroviaire pour un cout estimé à une cinquantaine de millions d’euros.
Cela sans compter avec un deficit de fonctionnement annuel de plusieurs centaines de milliers d’euros.
D’ autant avec une gare qui se situerait à environ 3 kilometres de notre centre ville.
Une trentaine de rotations de bus en provenance et à destination de Remiremont, Epinal, St dié, Bruyeres, ou Munster ,desservent déja notre cité. Ce dans un parfait confort, à un faible cout, et avec une certaine rapidité. Ces bus de surcroit roulent en général au 3/4 vide.
L’ heure n’est pas aux fantasmagories et gabegies.
Remy
Comment sera demain.
Le gasoil à 2,50.
Le fuel à 1,50
Le kw/h à 0,37 cents
Une dacia électrique à 25 000 euros
Comment vivront les vieux dans les fonds de vallées.
Comment retenir la jeunesse ?
Comment y créer de l’intérêt ?
Les fonds de vallées seront ils encore habitables ?
Détruisons tout !!!!
Plus de retour en arrière !!!
Encore des décisions de nantis vociférants à l’empathie « illimitée ».
Christian
C’est justement en projetant dans plusieurs décennies qu on peut supposer que le train n’ a plus sa place dans la vallée de la Vologne.
La démographie française et vosgienne en particulier évolue rapidement vers une baisse drastique de la population. Comment justifier un moyen de transport de masse dans ces conditions.
Oui la technologie évolue, balbutie encore. Mais par exemple un minibus électrique autonome sur demande suffira bien à combler le manque de transports collectifs et coûtera bien moins qu’un véhicule sur rail même autonome rien qu’en économisant sur l’infrastructure..
Pourquoi rester fixé sur le rail parfait pour un flux important mais gabegie depuis toujours sur une petite ligne en perdition ?
Paul
Bonjour
A quoi va servir une voie verte: vous avez vu le montant des travaux ?
On doit mettre l’argent ailleurs que dans des futilités .
Même si on vous dira qu’il y aura des subventions.
Marc
Après travaux sur la ligne Épinal/ St die , le train effectuera Épinal bruyères en une trentaine de minutes si on rajoute 15 min pour rejoindre Gérardmer ça nous fait un trajet Épinal Gérardmer en 45 /50 min pas ridicule… Et surtout être de nouveau raccordé aux réseaux ferroviaire français !!!
Mais bien évidemment la future voie verte reliant Épinal a Gérardmer sera bien plus pratique pour TOUS ….. JEUNES,NOS ANCIENS, LES MOBILITÉS RÉDUITE, … BREF une mauvaise idée cette voie verte pour et comme idée de remplacement d’un vrai moyen de transport !!!!
Haltata
Une voie verte, c’est joli, cela a un titre accrocheur…. mais ça ne sert strictement à rien sauf… à prétendre que les municipalités impliquées réalisent des investissement dans les « mobilités douces » : cela leur permet de mutualiser des investissements là où c’est le plus facile.
Il est en effet plus facile de créer une voie verte que de mener une vraie politique d’aménagement urbain : créer des pistes cyclable dans la ville, cela implique fatalement des mécontentements de la part des automobilistes… qui sont des électeurs.
C’est toute al différence avec, par exemple, la piste cyclable qui relie le village de Saale et Molsheim, sur toute la vallée de la Bruche : il y a une réelle utilité **en plus du train** : cet un aménagement qui facilite la circulation.
Une voie verte entre Gérardmer et Bruyères… étant donné la dispersion de l’habitat, le vieillissement de la population et les conditions d’emploi n’allégera aucunement la mobilité automobile.
Qui prendra son vélo pour faire Granges-Gérardmer à 6h du matin pour embaucher à 7h en plein hiver ? Par contre une personne habitant Ramberchamp et travaillant à la Croisette pourrait, elle, être intéressée par le fait de circuler en sécurité à Gérardmer.