La renaissance de la ligne ferroviaire Nancy-Contrexéville prend forme : depuis le début du mois d’octobre, les nouveaux rails sont en cours de pose. Le mercredi 21 octobre 2026, à Ceintrey, la Région Grand Est et ses partenaires ont célébré cette avancée majeure du chantier, qui mobilise actuellement 200 personnes. Après la dépose des anciennes installations et un traitement de la plateforme désormais presque achevé, les travaux préparent le retour des trains sur la ligne.
Porté par la Région Grand Est, ce projet de 150 millions d’euros prévoit la rénovation de 75 kilomètres de ligne et la desserte de 12 gares. Il s’appuie sur les savoir-faire industriels régionaux : 90 % des principaux composants de voie seront produits à moins de 200 kilomètres du tracé. Jusqu’à 300 personnes seront mobilisées pendant les travaux, avec un objectif de 10 % en insertion professionnelle. Du chantier aux usines qui l’approvisionnent, la réouverture de la ligne soutient dès aujourd’hui l’activité et l’emploi dans les territoires.
Sa réalisation et son exploitation ont été confiées dans le cadre d’un contrat de concession à Nova 14, réunissant NGE Concessions (50 %), Transdev (20 %) et la Banque des Territoires (30 %). En reliant Nancy, Mirecourt, Vittel et Contrexéville, ce projet dépasse le seul enjeu des déplacements : il soutient l’économie locale, crée des emplois et accompagne la transition écologique, tout en améliorant le quotidien des habitants.
« Quand je vois ces nouveaux rails se poser à Ceintrey, je pense aux habitants qui attendent de retrouver le train pour aller travailler, étudier ou rejoindre leurs proches. C’est pour eux que nous avons fait le choix de rouvrir cette ligne. La Région Grand Est est la première à régénérer une petite ligne. Nous avons la certitude que les efforts d’une grande région ne doivent pas se limiter aux seuls grands pôles urbains. Cette ambition prend corps dès aujourd’hui, avec ce projet porté par la contribution des acteurs de tout notre territoire : des rails fabriqués à Hayange, des traverses produites à Charmes, des personnes formées et recrutées ici. Avec nos partenaires, nous préparons le retour du train tout en faisant travailler notre industrie et en créant des emplois dans nos territoires. Voilà le sens de l’engagement de la Région : donner aux habitants des raisons de croire en l’avenir de leur territoire, et des moyens concrets d’y vivre », déclare Franck Leroy, président de la Région Grand Est.
« Chez NGE, nous croyons aux partenariats construits dans la durée. Nous croyons aux modèles qui permettent de mobiliser les investissements, d’innover dans les méthodes et de sécuriser la performance dans le temps.
Cette ligne en est une démonstration exemplaire.
À travers Nova 14, dont NGE Concessions est premier actionnaire, nous avons choisi de nous engager pleinement dans cette aventure collective. Non pas comme un simple financeur ou un simple constructeur, mais comme un partenaire investi dans chaque étape du projet, de sa conception à la maintenance et l’exploitation », précise Thierry Bodard, président de Nova 14, président de NGE Concessions et directeur général adjoint de NGE.
Le renouvellement des voies au cœur du chantier
Menées par TSO, filiale de NGE, les opérations comprennent la dépose de l’infrastructure existante, la remise en état de la plateforme ferroviaire et la pose de nouveaux rails, traverses et ballast. Au total, 150 kilomètres de rails et près de 120 000 traverses en béton seront nécessaires.
Le chantier comprend également la rénovation des ouvrages d’art et hydrauliques, la sécurisation des passages à niveau – 21 seront fermés et 43 aménagés et automatisés – ainsi que la modernisation de la signalisation, des gares et des haltes. Ces interventions permettront de disposer d’une infrastructure adaptée à la reprise des circulations et d’améliorer les conditions d’accueil des voyageurs.
Un chantier ancré dans les territoires, alliant savoir-faire industriel et transition écologique
Le projet s’appuie sur les savoir-faire industriels du Grand Est : 90 % des principaux composants de voie seront produits à moins de 200 kilomètres de la ligne.
À Hayange, en Moselle, Saarstahl Rail fournira les 150 kilomètres de rails nécessaires, soit environ 7 000 tonnes d’acier. À Charmes, dans les Vosges, Sateba fabriquera près de 120 000 traverses en béton, soit une commande représentant une année de travail pour deux équipes de l’usine.
Vossloh, à Reichshoffen dans le Bas-Rhin, fournira les appareils de voie et leurs systèmes de motorisation. Le ballast proviendra également de la carrière de Trapp, à Raon-l’Étape, dans les Vosges.
Ces approvisionnements de proximité limitent les transports longue distance. Ils s’accompagnent d’une démarche d’économie circulaire : près de 18 000 tonnes de matériaux issus de l’ancienne infrastructure seront recyclées ou valorisées. Les rails déposés rejoindront notamment la filière de recyclage de Saarstahl Rail, tandis que les autres matériaux seront pris en charge par l’entreprise Derichebourg, implantée à Champigneulles, en Meurthe-et-Moselle.
Un chantier créateur d’emplois et d’opportunités pour les territoires
Au-delà des retombées pour les filières industrielles régionales, le projet constitue un levier pour l’emploi local. Jusqu’à 300 personnes seront mobilisées pendant les travaux, dont 10 % en insertion professionnelle.
Dès 2025, la Région Grand Est et Nova 14, avec France Travail et les acteurs locaux de l’emploi, ont engagé une campagne de recrutement pour 24 postes d’ouvriers polyvalents de travaux publics. Les personnes recrutées ont bénéficié d’une formation de six semaines, financée par France Travail et assurée par l’AFPA à Golbey et Laxou.
La préparation de l’exploitation suscite également des candidatures : la campagne lancée en octobre 2026 pour recruter 24 conducteurs de trains a attiré 130 candidats.
À Mirecourt, le futur site de maintenance et de remisage accueillera les équipes chargées de la conduite, de la maintenance, de la supervision et de la relation voyageurs. À terme, près de 65 salariés permanents y travailleront.
Le retour du train au service du quotidien
À sa réouverture, la ligne proposera 14 allers-retours quotidiens et permettra de relier Nancy à Contrexéville en
1h10. Environ 550 000 voyageurs sont attendus chaque année.
Avec cet investissement, la Région Grand Est prend l’engagement d’un ferroviaire régional au service de tous les habitants et de l’avenir des territoires. La réouverture de la ligne doit offrir une alternative concrète à la voiture, faciliter les déplacements quotidiens et renforcer l’attractivité du sud lorrain, comme des Vosges.






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