Le 15 septembre 2026, sept élus de la municipalité de Gérardmer découvrent avec le collectif HV2050 deux communes totalement engagées depuis plus de 40 ans dans la transition écologique.
Ce cap se révèle, aujourd’hui plus que jamais, être le cap le plus probant, à la fois sur le plan économique, sur le plan écologique et sur le plan démocratique pour rester un territoire habitable et attractif.
Dans ces 2 communes, tous les projets ont été construits en concertation avec les habitants et avec de nombreux acteurs de leurs territoires, pour anticiper les changements liés au réchauffement climatique.
Nous découvrons ceux-ci, le matin à Muttersholtz, puis l’après-midi à Breitenbach en commençant par un très sympathique repas (bio et local bien sûr !), offert par son maire Jean-Pierre Piela, et pendant lequel les élus de Gérardmer ont pu échanger avec lui, entre collègues.
Patrick Barbier, le maire de Muttersholtz, nous a d’abord expliqué la politique de ce village : cette histoire commence avec la construction d’une maison de la nature et celle-ci va fêter, en septembre, 50 ans de projets citoyens pour « une écologie des petits pas, petits mais nombreux et rapides ».
C’est ce qui a motivé Patrick Barbier à venir habiter dans ce village puis à y devenir maire il y a une vingtaine d’années.
L’éducation à la compréhension et à la protection de l’environnement a été primordiale.
Trois générations se sont succédé sur les bancs de la maison de la nature, et aujourd’hui, ces enfants devenus adultes savent tout ce qu’il se joue derrière des mots comme « biodiversité », « services écosystémiques de la nature », « matériaux biosourcés », « impacts positifs de l’agriculture biologique », « bilan carbone ou écobilan », etc.
Conscients des enjeux, des erreurs à ne plus faire, des cercles vertueux à enclencher pour le bien de tous, ils s’investissent dans leurs métiers, dans leur rôle de parents, dans la vie associative pour construire un avenir durable dans leur commune, pour préserver leur eau, leur alimentation, leur santé et leur cadre de vie.
Patrick Barbier nous explique tout cela avec une véritable foi en sa fonction : « Je voulais changer le monde… J’ai compris que ce n’était pas possible 🙂, alors j’ai choisi de changer ma commune, ensemble avec ses habitants. »
Il nous explique pourquoi économie et écologie sont étroitement liés. À Breitenbach, Jean-Pierre Piela, d’entrée de jeu, nous fera la même démonstration.
Pour cela, il faut impliquer tous les acteurs locaux pour financer des projets choisis ensemble et qui ont ensuite des retombées économiques, écologiques et sociales certaines.
Des exemples :
1) à Muttersholtz :
Le cœur de village est un modèle, sur plus de
8 000 m², de bien-vivre :
– un accès voitures limité
– une magnifique halle (couverte de panneaux solaires) pour les marchés,
– des pistes cyclables agréables à parcourir sans risques avec les enfants,
– un four à tartes flambées et à pain, construit en paille (chantier participatif), à la disposition de tous sur réservation à la mairie, agrémenté d’un espace ombragé pour un repas dehors, et situé près d’un verger et d’une aire de jeux naturelle,
– un bâtiment au standard passif (ne nécessitant quasiment aucun chauffage en hiver et confortable en période de canicule), dénommé « complexe des synergies » (car il est la transformation et l’extension de l’ancienne synagogue, mot hébreu qui signifie « lieu où on rassemble). » comprend une salle de gymnastique, la salle du conseil municipal et une salle de spectacle.
Ce complexe est un peu la salle polyvalente de la commune et héberge de multiples usages.
Mais avant tout ce cœur de village a été entièrement éco-conçu, en réemployant les matériaux existants sur place, en complétant avec des matériaux de réemploi, locaux et biosourcés.
Tout est calculé (gestion des eaux pluviales) pour répondre à un cahier des charges économe des ressources de la nature.
Aline Toussaint, géromoise, architecte urbaniste responsable de ce projet, explique toute la réalisation de celui-ci avec une équipe pluridisciplinaire, ayant une même vision de « commune frugale, robuste et résiliente ».
Dans son équipe, chaque compétence a été valorisée selon ses savoir-faire.
Son exposé est passionnant.
Non seulement le zéro artificialisation des sols a été plus que respecté (l’aménagement a été opéré sur d’anciens stockages agricoles, les logements vacants du village ont été remis sur le marché pour éviter de nouvelles constructions), mais en plus la végétalisation du village s’est faite avec des espèces adaptées aux différents types de sols.
Les trames verte, bleue et brune sont au service du bien vivre ensemble, pour les humains et pour tous les êtres vivants : insectes, oiseaux, plantes, etc.
Muttersholtz a été consacrée « capitale de la biodiversité » en 2017 et en 2025.
Les habitants, adultes et enfants, se sont très vite appropriés ce site qui a été réalisé en moins de 2 ans.
Alors pourquoi chaque quartier de chaque ville ne pourrait il pas s’inspirer de ce modèle pour faire aussi bien ?
À nous d’imaginer cela et d’agir ensemble ?
2) À Breitenbach, de nouvelles surprises nous attendent :
– l’hôtel 48 degrés Nord, complètement intégré dans un paysage magnifique, de conception entièrement écologique et d’inspiration scandinave. Tous les repas sont « bio et local ». Local car dans un rayon de moins de 48 km (excepté thé et café).
Cette restauration génère 220 000 € par an d’achats sur ce territoire auprès des agriculteurs, éleveurs ou viticulteurs bios.
Les travaux d’entretien de l’hôtel font travailler les artisans locaux.
Émile, danois et propriétaire de l’hôtel, s’implique beaucoup pour continuer à promouvoir l’écologie à Breitenbach et ailleurs.
Cet hôtel peut être une source d’inspiration pour des clients cautionnant, ou y découvrant, l’importance des concepts d’écologie, et capables de les exporter dans leurs propres domaines.
– un hébergement insolite… De très belles yourtes à proximité de la forêt.
– un parc aventures (matériaux bois) situé en pleine nature et conçu avec un sentier pédagogique sur la biodiversité du val de Villé, sur ses paysages et son patrimoine,
– une trame verte et bleue reliant Breitenbach au Champ du feu sur les crêtes,
– une école passive de conception entièrement écologique pour des enfants heureux d’apprendre dans un tel lieu,
– des ateliers cuisine pour apprendre à réaliser des plats avec moins de viande mais de meilleure qualité et donc plus nutritive, ou avec des plantes sauvages.
– des chantiers participatifs pour planter des espèces diversifiées ou créer des zones humides dans la forêt.
Ce qui caractérise avant tout Breitenbach, c’est une vision d’ensemble, et la création d’un écoterritoire, créé en 2023 et qui réunit des communes du Val de Villé et de la Haute Bruche pour la lutte contre le réchauffement climatique et tous ses impacts négatifs.
Pour cela les objectifs, déjà en cours de réalisation, sont de :
– garantir la ressource en eau pour les habitants et les touristes, et pour protéger les plantations, la faune et la flore
– promouvoir une alimentation locale, de qualité, décarbonée et accessible à tous
– rendre les forêts plus résistantes
– renforcer la biodiversité
– sortir des énergies fossiles grâce aux énergies renouvelables locales
– végétaliser les villes (seul moyen d’y faire baisser la température plus élevée, en moyenne, d’au moins 3 degrés que dans les campagnes)
– développer l’écotourisme et l’écomobilité.
Jean-Pierre Piela a encore d’autres idées, et le fonds de dotation « Imagine » (qu’on peut découvrir sur le site de Breitenbach) offre un potentiel de réalisations qu’il ne tiendrait qu’à chaque ville d’imaginer elle aussi…
Pour que partout… les habitants, avec leurs élus, s’unissent pour construire un avenir propre et sain pour les enfants ?












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