
Première info : malgré les récents épisodes pluvieux, l’eau provient toujours du lac de Gérardmer et de nombreuses sources de particulier sont encore à sec.
Plus de soixante personnes ont répondu à l’invitation de la Régie de l’eau et de l’assainissement de la CCGHV pour ce premier Apér’eau programmé samedi matin à Gérardmer dans le sillage d’une période de sécheresse inédite. Une balade commentée à travers trois sites stratégiques du territoire, destinée à sensibiliser les habitants aux enjeux de la ressource en eau et à leur faire découvrir les coulisses de sa gestion, notamment en période de crise.
Organisé samedi 7 novembre, ce premier rendez-vous baptisé Apér’eau proposait aux participants de découvrir trois installations et milieux naturels étroitement liés à la gestion de l’eau : la station de pompage du lac de Gérardmer, le ruisseau du Phény et la station de traitement de l’eau potable de Ramberchamp.
Répartis en plusieurs groupes, les visiteurs ont parcouru ces différents sites en compagnie d’une équipe de spécialistes et d’élus, parmi lesquels Elsa Molina, directrice de la Régie de l’eau et de l’assainissement, Damien Descoups, vice-président chargé de la délégation du Cycle de l’eau, Cyril Henzler, responsable technique de la Régie, Jérôme Lalevée, chef d’exploitation à Gérardmer, Valentin Voisin, chargé de mission environnement et milieux aquatiques, ainsi qu’Hervé Colin, président de l’AAPPMA des pêcheurs de la vallée des Lacs.
Au-delà de la simple découverte des infrastructures, cette initiative s’inscrivait dans une démarche pédagogique, à la suite de l’épisode caniculaire de cet été. L’objectif était de présenter concrètement le fonctionnement du service, de répondre aux interrogations des habitants et de leur permettre de mieux appréhender les différences entre la gestion du réseau en période normale et lors des épisodes de sécheresse.
Des installations soumises aux aléas climatiques
Au fil de la visite, plusieurs enjeux ont ainsi été abordés, notamment autour du Phény, où la gestion des prélèvements dans le lac doit également tenir compte de la préservation du milieu naturel. Le pompage contribue en effet au soutien de l’étiage du ruisseau, avec des conséquences directes sur la sauvegarde de l’activité piscicole.
Autre étape importante, la station de traitement de Ramberchamp a permis d’aborder les contraintes liées à la production d’eau potable. La nappe de la Goutte du Chat, qui alimente habituellement l’installation, présente une certaine vulnérabilité en raison de sa faible étendue et de sa forte dépendance aux conditions météorologiques.
« La station est conçue pour traiter de l’eau provenant d’une nappe phréatique. L’eau du lac est de nature différente et ne nécessite pas le même traitement. L’installation n’est donc pas parfaitement adaptée à ce type d’eau. Nous sommes obligés de nous adapter », a expliqué Elsa Molina.
La directrice et le vice-président ont toutefois tenu à rassurer les participants sur la qualité de l’eau distribuée durant les épisodes de tension sur la ressource : « L’eau n’a jamais été impropre à la consommation. Nous avons toujours respecté les seuils et limites fixés par l’ARS et avons pu distribuer de l’eau toute l’année, sans coupure, ce qui n’a pas été le cas partout. »
La station de Ramberchamp joue par ailleurs un rôle important dans l’approvisionnement du territoire. Grâce aux interconnexions du réseau, elle permet d’alimenter plusieurs communes de la CCGHV, aussi bien les particuliers que les entreprises et industries, qui représentent des consommateurs importants. À titre d’exemple, pas moins de 40 000 m³ d’eau ont ainsi été acheminés cette année vers le secteur de Xonrupt-Longemer.
Préparer la gestion de l’eau de demain
Enfin, cette première édition a également été l’occasion d’évoquer l’étude actuellement engagée sur la ressource en eau et sa gestion à l’échelle du territoire. Un travail de fond destiné à définir les besoins et les modes de gestion pour les années à venir, mais aussi à établir un programme d’investissement précis sur une période de dix ans. Cette réflexion doit également permettre d’envisager une nouvelle tarification, plus juste et mieux adaptée aux réalités du territoire et aux usages de chacun.
Avec plus de soixante inscrits pour cette première rencontre, la Régie des eaux a donc trouvé un public intéressé par ces questions, parfois techniques, mais essentielles pour bien comprendre le fonctionnement de la régie et les enjeux de la ressource en eau. Une manière concrète de rappeler que derrière le geste quotidien d’ouvrir un robinet se cache toute une organisation, confrontée à des défis croissants face aux évolutions climatiques.





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