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vendredi 23 octobre

Vosges : seul aux commandes, Ovahe développe un jeu vidéo d’horreur qui s’apprête à franchir une nouvelle étape

2 commentaires

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À 28 ans, Ovahe s’est lancé dans une aventure pour le moins singulière. Installé dans les Vosges, le jeune développeur travaille seul depuis plusieurs mois sur We Don’t Exist, un jeu vidéo d’horreur qu’il développe sans studio, sans éditeur et sans subvention.

Pour mener son projet à son terme, Ovahe a également dû trouver un moyen de le financer. Depuis le début du mois de septembre, il travaille comme veilleur de nuit. Un emploi qui lui permet de payer ses dépenses tout en poursuivant le développement du jeu durant ses heures libres. « Le jour, quand je ne dors pas, je continue le jeu », résume-t-il.

Après une première expérience, il change complètement de registre

We Don’t Exist n’est pas son premier projet. En avril 2026, Ovahe avait sorti Teckel Adventure, une première expérience qui lui a surtout permis d’identifier ce qui fonctionnait… et ce qui ne fonctionnait pas.

Pour son nouveau titre, le développeur a choisi de changer radicalement de genre. Et le choix de l’horreur n’est finalement pas si surprenant dans un département qui accueille chaque année le Festival international du film fantastique de Gérardmer.

Une expérience où le joueur doit apprendre seul

Dans We Don’t Exist, le joueur incarne le sujet 101. Dès le départ, les règles restent volontairement floues. Chaque salle comporte quatre portes, chacune associée à un code couleur, mais personne n’explique véritablement ce qu’il faut faire.

Au fil de la progression, le joueur rencontre d’autres sujets. Certains peuvent lui venir en aide, tandis que d’autres sont susceptibles de le trahir. Surtout, une mystérieuse installation observe ses faits et gestes. Les décisions prises au cours de la partie ont alors des conséquences sur la suite de l’expérience.

Ici, pas besoin de multiplier les monstres pour créer la peur. L’angoisse repose davantage sur les choix du joueur et sur une question centrale : jusqu’où est-il prêt à aller pour franchir la prochaine porte ?

Une première démo déjà remarquée

Disponible gratuitement sur Steam depuis le 10 août 2026, la démo propose environ trente minutes de jeu et se termine réellement, avec plusieurs issues possibles. Le titre bénéficie de voix en français et en anglais, ainsi que de sous-titres disponibles en sept langues.

Le projet semble déjà trouver son public. La démo a dépassé les 1 000 téléchargements et les avis publiés jusqu’à présent sont positifs. Douze vidéos réalisées par des joueurs ont également déjà présenté le jeu, notamment en France, en Espagne et aux États-Unis. Parmi elles figure notamment une vidéo publiée par une chaîne américaine comptant environ 91 000 abonnés.

Une visibilité encourageante pour ce développeur indépendant qui travaille encore loin des structures traditionnelles de l’industrie vidéoludique.

Direction le Steam Next Fest

Nouvelle étape importante : We Don’t Exist sera présenté lors du Steam Next Fest, du 19 au 26 octobre 2026. Cet événement international constitue une importante vitrine pour les jeux indépendants et leurs démos.

Ovahe espère ainsi continuer à faire connaître son projet avant la sortie du jeu complet, actuellement annoncée pour 2027.

En attendant, le développeur poursuit son travail depuis les Vosges, entre nuits de travail et journées consacrées au développement. Une aventure menée en solitaire, mais dont les premières retombées dépassent déjà largement les frontières du département.

2 commentaires

  • Avatar du commentaire numéro 37955

    Nicky

    Comment s’étonner de voir tant de jeunes ados perdus, angoissés, stressés, même drogués quand ils vont encore s’identifier à des personnages violents en utilisant ce jeu vidéo ? Horreur, violence, peur, angoisse, un fameux cocktail inquiétant !

    • Avatar du commentaire numéro 37973

      Cyril

      Étonnant de voir comme certains jugent un univers qu’ils ne connaissent pas… et encore plus fascinant de constater qu’ils préfèrent s’inquiéter de “la jeunesse perdue” plutôt que de reconnaître le travail, le courage et la créativité d’un développeur qui, lui, construit quelque chose.

      Réduire un jeu d’horreur à “violence, peur, angoisse” est une vieille rengaine. Les jeux vidéo ne sont pas des machines à fabriquer des délinquants ; ce sont des œuvres interactives, des espaces d’expérimentation émotionnelle, des laboratoires narratifs. L’horreur, comme le cinéma ou la littérature, est un genre qui permet d’explorer nos limites, nos choix, nos peurs.
      Et dans We Don’t Exist, tout repose justement sur la réflexion, la décision, la morale, pas sur la violence gratuite.

      Accuser un jeu d’être responsable de l’état psychologique des adolescents, c’est oublier un détail essentiel :
      ce n’est pas le jeu qui éduque un enfant, ce sont les adultes autour de lui.
      Le jeu, lui, ne fait qu’offrir une expérience. Libre, pensée, construite.

      Ce qui est vraiment regrettable, c’est de voir quelqu’un dénigrer un créateur indépendant qui travaille seul, de nuit, sans studio, sans subvention, avec une passion rare et une discipline que beaucoup n’auraient pas.
      Plutôt que de saluer l’effort, on préfère ressortir des clichés.
      C’est plus simple, évidemment.

      Mais la réalité est là :
      We Don’t Exist est un projet ambitieux, intelligent, déjà remarqué, et qui montre qu’on peut créer de la tension, de l’émotion et de la profondeur sans tomber dans la surenchère visuelle.
      C’est exactement ce que fait la bonne horreur : elle questionne, elle dérange, elle fait réfléchir.

      Alors oui, on peut choisir de voir le mal partout.
      Ou on peut reconnaître qu’un jeune développeur des Vosges est en train de prouver qu’on peut créer quelque chose de fort, de singulier, et de profondément humain.

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