« À la suite de l’enterrement symbolique de la montagne organisé samedi à Gérardmer, SOS Massif des Vosges a constaté un déferlement massif de publications et de commentaires sur Facebook.
Près de deux mille réactions, pour beaucoup d’une agressivité et d’une bêtise confondantes, ont été relevées. Certaines comportaient même des menaces physiques à notre égard. Elles ont été rapidement retirées, mais leur existence dit quelque chose de préoccupant sur l’état du débat public lorsqu’il s’agit de remettre en cause certains loisirs motorisés et leur soutien par l’argent public (près de 80 000€ de subvention).
La plupart de ces messages se limitaient à quelques éructations haineuses, souvent construites autour des mêmes insultes, des mêmes formules, des mêmes caricatures. Cette répétition interroge.
Elle laisse penser que cette vague n’est pas entièrement spontanée, ou qu’elle a au minimum été encouragée par un effet de meute soigneusement entretenu.
Nous tenons à le dire clairement : nous ne nous laisserons pas intimider.
Notre action de samedi était symbolique, publique, déclarée, pacifique. Elle dénonçait la transformation progressive du massif vosgien en terrain de jeux bruyants, motorisés et subventionnés. On peut ne pas être d’accord avec cette position. On peut la contester, la critiquer, la discuter. Mais les menaces, les insultes, les appels à la violence et les torrents de haine ne sont pas des arguments.
Ce déferlement confirme au contraire la nécessité du débat que nous avons ouvert. Lorsqu’une simple mise en scène citoyenne, un cercueil symbolique et quelques paroles prononcées pour défendre le silence, les habitants, la faune, les paysages et la montagne vivante suscitent une telle fureur, c’est bien que nous avons touché un point sensible.
Nous rappelons que SOS Massif des Vosges ne s’en prend pas aux personnes. Nous contestons un modèle : celui qui considère que la montagne doit être sans cesse animée, exploitée, traversée, motorisée, rentabilisée. Nous contestons aussi l’usage d’argent public pour soutenir des manifestations génératrices de nuisances, de bruit, de risques et de dégradation de la tranquillité des vallées.
Nous appelons les élus, les organisateurs, les médias et les citoyens à refuser cette dérive. Le débat démocratique ne peut pas être remplacé par l’intimidation numérique. Il appartient à chacun de dire s’il souhaite une montagne livrée au vacarme, ou une montagne respectée, habitée, partagée et protégée.
Les messages les plus graves feront, si nécessaire, l’objet de signalements ou de suites appropriées.
La montagne n’a pas besoin de haine.
Elle a besoin de silence, de courage et de lucidité ».
Le 8 juin 2026,
SOS Massif des Vosges, Gérardmer Nature Solidarités.


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