La protection de l’enfance est l’une des principales compétences du Département. Quelle est la réalité dans les Vosges ?
François Vannson : La réalité est celle d’un engagement quotidien. Fin 2025, près de 2 700 mineurs et jeunes majeurs bénéficiaient d’au moins une mesure de l’aide sociale à l’enfance dans les Vosges. Parmi eux, plus de 1753 enfants sont confiés à l’ASE (Aide Sociale à l’Enfance). Derrière ces chiffres, il y a des situations de fragilité, parfois de danger, qui nécessitent une intervention rapide et durable. La protection de l’enfance n’est pas une politique parmi d’autres : c’est l’une de nos responsabilités les plus essentielles.
Comment le Département répond-il à ces besoins ?
Notre premier devoir est d’assurer la sécurité et le bien-être de ces enfants. Cela passe par l’accompagnement des familles lorsque cela est possible, mais aussi par l’accueil en familles d’accueil, en maisons d’enfants ou dans des structures adaptées. L’objectif est d’offrir à chaque enfant un environnement stable lui permettant de grandir, d’apprendre et de se construire.
Cet engagement représente également un effort financier important.
Effectivement. En 2026, le Département consacre plus de 71 millions d’euros à l’enfance et à la famille. C’est l’un des principaux postes de dépenses de notre collectivité. Nous devons protéger les enfants qui en ont besoin !
Le Département investit aussi dans de nouveaux équipements.
Oui, parce que l’accompagnement des enfants passe également par la qualité des lieux qui les accueillent. La reconstruction de la Maison de l’Enfance et de la Famille à Golbey en est une illustration concrète. Demain, les jeunes confiés disposeront d’un cadre de vie plus moderne, plus fonctionnel et mieux adapté à leurs besoins. C’est un investissement pour leur présent, mais aussi pour leur avenir.
Les défis évoluent-ils ?
Oui. Les professionnels constatent une augmentation des situations complexes et des fragilités psychologiques. Nous devons sans cesse adapter nos réponses et renforcer les coopérations avec les acteurs de la santé, de l’éducation, du monde associatif et de la justice. La protection de l’enfance exige aujourd’hui une mobilisation de tous les instants.
Interview de Ghislaine Jeandel Jean-Pierre : Vice-Présidente de l’enfance, la famille et l’autonomie
Prévenir pour mieux protéger : l’accompagnement des familles au cœur de l’action départementale
« Protéger les enfants, c’est avant tout soutenir les familles le plus tôt possible. Dans les Vosges, nous faisons de la prévention une priorité afin d’agir avant que les difficultés ne s’installent durablement.
Les résultats sont concrets : en 2025, les professionnels de la PMI ont réalisé 5 192 visites à domicile; en école maternelle, 2 626 enfants ont bénéficié d’un bilan de santé et 2 852 enfants de petite section ont participé au dépistage visuel proposé par le Département. Cela a permis d’orienter 32% des enfants vers des consultations d’ophtalmologie ou d’orthophonie. Par ailleurs, 1498 jeunes vosgiens ont bénéficié d’une consultation dans les 14 centres de santé sexuelle du département.
Au-delà de ces actions, nous développons des dispositifs innovants pour accompagner les parents et prévenir les situations de fragilité : soutien précoce à la parentalité, parrainage de proximité, ouverture d’une Maison de la parentalité à Epinal, accompagnement des techniciennes d’intervention sociale et familiale au sein des familles ou encore deux services de prévention spécialisée à Epinal et Saint-Dié.
Cette ambition concerne l’ensemble des étapes de la vie de l’enfant. Dans chaque situation l’objectif reste le même : élaborer autour de l’enfant les conditions favorables à son épanouissement et à la construction de son avenir.
Investir dans la prévention aujourd’hui c’est créer les conditions d’une société plus solidaire plus protectrice et plus attentive au devenir de ses enfants. »



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