C’est dans un contexte financier particulièrement contraint que s’est réuni, ce jeudi soir, le Conseil Municipal de Saint-Dié-des-Vosges. Cette séance automnale était largement consacrée au débat d’orientation budgétaire, avant le vote du budget 2027 le mois prochain. Au total, 17 points figuraient à l’ordre du jour de la soirée.
Une dette en baisse de 10,8 millions d’euros depuis 2020
« Le contexte est plus que jamais le sujet majeur qui impacte notre trajectoire » a souligné le maire Bruno Toussaint en ouverture du débat. L’élu a notamment évoqué les conséquences des conflits internationaux, de l’inflation, de la hausse des prix de l’énergie et des carburants, ainsi que du coût croissant de la dette de l’État. Le projet de loi de finances pour 2027 prévoit un nouvel effort de 54 milliards d’euros. Pour Saint-Dié-des-Vosges, les conséquences financières des mesures de l’État sont évaluées entre 1,4 et 1,8 million d’euros sur la période 2022-2028.
Malgré ces contraintes, Bruno Toussaint a confirmé ce soir que les taux d’imposition locaux n’augmenteront pas, que l’enveloppe des subventions aux associations sera préservée et que la Municipalité continuera sur la même trajectoire de désendettement. La dette municipale devrait passer de 52,8 millions d’euros au 1er janvier 2020 à 42 millions d’euros au 31 décembre 2026. Soit une diminution de 10,8 millions d’euros. Pour tenir ces objectifs, la Municipalité compte poursuivre ses économies, ajuster certaines dépenses et différer les investissements les moins prioritaires.
Plusieurs chantiers importants sur la voirie
La deuxième phase de la réfection de l’avenue du Cimetière-Militaire représentera l’un des principaux investissements, avec un budget de 1,1 million d’euros. L’avenue de l’Égalité, zone Hellieule 2, fera également l’objet d’une rénovation étalée sur trois ans. Rue d’Alsace, les trottoirs seront repris entre le pont Pasquet et le rond-point de Sainte-Marguerite.
La Ville prévoit aussi 60 000 euros pour poursuivre les aménagements cyclables. Concernant les passerelles du pont de la République, les travaux doivent commencer dans les prochaines semaines sur la première d’entre elles, côté Banque de France. Le montant de ce chantier est estimé à 480 000 euros.
Autre opération d’envergure, la rénovation du centre social Germaine-Tillion mobilisera 2,8 millions d’euros jusqu’en 2032. Ce programme pluriannuel comprendra des constructions neuves, des restructurations et des travaux d’isolation.
Des travaux dans les écoles et les équipements sportifs
La sécurisation de plusieurs établissements scolaires représentera un investissement de 290 000 euros en 2027. Face aux épisodes de fortes chaleurs, la Municipalité souhaite également aménager une pièce rafraîchie dans chaque bâtiment scolaire, pour plus de 100 000 euros.
Du côté des équipements sportifs, après la rénovation du stade synthétique en 2025 et l’inauguration de la nouvelle piste d’athlétisme prévue le 18 novembre, les travaux concerneront le gymnase Léo-Lagrange. La réfection de son sol intérieur est chiffrée à près de 500 000 euros, la proximité avec la Meurthe expliquant en partie ce montant.
Au centre technique municipal, une première enveloppe de 500 000 euros sera consacrée au désamiantage, au remplacement et à l’isolation de 1 200 m² de toiture.
Près de 2,9 millions d’euros pour l’accessibilité des bâtiments publics
Après une première phase de travaux représentant 850 000 euros, la Ville envisage d’investir 2,8 millions d’euros supplémentaires entre 2027 et 2030 pour améliorer l’accessibilité de ses bâtiments publics.
L’Espace François-Mitterrand, la salle Carbonnar, le gymnase René-Perrin et le centre social Lucie-Aubrac font notamment partie des équipements concernés. Pour la seule année 2027, une enveloppe de 760 000 euros est prévue.
Vidéoprotection, éclairage public et Centre Le Corbusier
La Municipalité prévoit également d’investir 100 000 euros dans le renforcement de la vidéoprotection et 600 000 euros dans la modernisation de l’éclairage public.
Concernant le Centre d’interprétation Le Corbusier, la participation financière de la Ville s’élève à un million d’euros. Après un premier versement de 200 000 euros, les 800 000 euros restants seront répartis sur les exercices 2026, 2027 et 2028.
La réaction des oppositions
Chef de file du groupe « Saint Dié en Grand ! », Jan Verdonk a critiqué un budget « sans réelle orientation, ni réelle ambition. Il y a un manque de vision sur l’avenir, un manque de projet structurant. » Le conseiller municipal d’opposition préconise « d’investir vraiment pour transformer notre ville », par exemple à travers l’achat de cellules commerciales vacantes par la Ville, la réfection de la place du Marché ou encore l’aménagement des quais de Meurthe.
De son côté, Geoffrey Mourey, conseiller municipal du Rassemblement National, a salué les projets de rénovation de la voirie déodatienne, « qui en a grandement besoin », tout en déplorant la « folie de la zone 30. » L’élu a également dénoncé une « léthargie fiscale » et une « méxicanisation » de certains quartiers. Estimant que les investissements consacrés à la sécurité « sont insuffisants et pas à la hauteur de l’enjeu », Geoffrey Mourey préconise notamment le recours à l’intelligence artificielle dans la vidéoprotection.
Une motion de soutien aux sapeurs-pompiers
Au cours de la soirée, les élus ont également examiné les autres dossiers inscrits à l’ordre du jour, parmi lesquels plusieurs questions foncières et administratives.
La séance s’est conclue sans questions diverses, mais avec l’adoption d’une motion en faveur du maintien des effectifs du centre d’incendie et de secours de Saint-Dié-des-Vosges.








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