Pub
S'abonner à la newsletter
Pub

jeudi 26 mars

À Épinal, des infirmières du réseau Asalée mobilisées devant la CPAM

0 commentaire

0

Écouter cet article

Le réseau Asalée, pilier discret mais essentiel de la santé de proximité en France, traverse une crise majeure. Faute d’accord avec la Caisse nationale d’assurance maladie, son principal financeur, les quelque 2 000 infirmières qui y travaillent ne perçoivent plus leur salaire depuis janvier 2026.

Déjà fragilisé par des retards de paiement en 2024, le dispositif se retrouve aujourd’hui totalement à l’arrêt sur le plan financier. Cette situation plonge les professionnelles — en grande majorité des femmes — dans une précarité brutale, alors même qu’elles assurent un rôle crucial dans le système de soins.

Soigner sans être rémunérées

Malgré l’absence de revenus, nombre d’infirmières continuent d’exercer sur le terrain. Un engagement remarquable, mais de plus en plus difficile à soutenir. Les frais liés à leur activité, notamment les déplacements fréquents en zones rurales, deviennent un fardeau lourd à porter dans un contexte économique déjà tendu.

À cette pression financière s’ajoute une fatigue morale croissante. Assurer le suivi des patients tout en faisant face à ses propres incertitudes économiques représente une charge considérable. Beaucoup témoignent d’un épuisement grandissant, entre devoir professionnel et inquiétude personnelle.

Un rôle clé dans la prise en charge des patients

Le programme Asalée repose sur une collaboration étroite entre infirmières et médecins généralistes. Il permet un suivi renforcé des maladies chroniques comme le diabète ou l’hypertension, tout en développant des actions de prévention essentielles.

Dépistage des troubles cognitifs chez les personnes âgées, accompagnement des patients en surpoids, éducation à la santé : autant de missions qui contribuent à désengorger le système hospitalier et à améliorer la qualité de vie des patients.

Dans les territoires ruraux, où l’accès aux soins est souvent limité, leur présence est particulièrement précieuse.

Une issue attendue devant la justice

Le différend entre l’association Asalée et l’Assurance maladie doit être examiné lors d’une audience prévue le 27 mars à Paris. Cette échéance est déterminante pour l’avenir du dispositif.

Deux scénarios sont envisagés : soit une déclaration de cessation de paiement, qui offrirait une certaine protection aux salariées, soit une liquidation judiciaire, avec à la clé des licenciements immédiats.

Une mobilisation pour se faire entendre

Face à cette situation critique, les infirmières s’organisent. Des rassemblements ont lieu devant plusieurs caisses primaires d’assurance maladie, notamment à Épinal et Nancy, afin d’alerter sur leurs conditions de vie et de travail.

Leur objectif : obtenir rapidement une solution et faire reconnaître leur engagement au service des patients.

Une crise révélatrice

Au-delà du conflit actuel, cette situation met en lumière la fragilité de dispositifs pourtant essentiels au fonctionnement du système de santé. Elle souligne aussi la dépendance de certaines structures à des financements publics instables.

Pour les infirmières du réseau Asalée, l’enjeu est désormais vital : pouvoir continuer à exercer leur métier dans des conditions dignes, sans avoir à choisir entre engagement professionnel et survie financière.

0 commentaire

Laisser un commentaire